Kelayne #4

         « Quoi ?! Tu voudrais le remplacer ? J’avais crié un peu fort dans la cantina au QG de la Division. Qui avait encore changé de place quelques semaines avant. En tant que section d’espionnage et d’assassinat, la division ne pouvait se permettre de rester toujours au même endroit, rien que pour les messages qu’elle envoyait et recevait. Ainsi, tous les trois mois, l’unité entière changeait de lieu, parfois perdus en forêt, d’autres fois en pleine Citadelle. Ce n’était pas difficile de s’acclimater, les assassins n’étaient pas attachés matériellement à leur QG, et n’y étaient pas souvent pour cause de mission. J’y étais moi, très souvent, ainsi que mon nouveau lieutenant depuis quatre ans, Queh, qui avait pris la place de Fair à sa mort.
-Non… Je n’y pense pas bien sûr, mais il lui faudra bien un nouveau capitaine à un moment à cette division ! J’étais passé Sergent il y a de cela deux ans, mes années d’entrainement et le favoritisme de notre chef me facilitant l’évolution du grade. Queh était mon ami, nos multiples missions ensemble m’avaient appris à l’apprécier et à le respecter. C’était un humain, très pâle de peau, les cheveux grisés et très courts, la quarantaine passée. Il était fin et très agile, dans la force de l’age, il était devenu un membre très connu de la Légion grâce à d’innombrables batailles gagnées avec son art martial armé de dagues. Même au sein de notre Maison, certains novices le craignaient. Pour ma part il m’avait sauvé pas mal de fois et je devais avouer qu’il m’impressionnait.
-Nous attendrons jusqu’au dernier moment, personne ne remplacera Kyllian Herberon de son vivant ! J’étais bien sûr contre le remplacement de mon père spirituel, comme disaient les religieux humains. La fille de l’Arbre Clair que j’étais avait grâce à lui appris tellement de choses ! Caithe, que je croisais parfois à la capitale, ne cessait de me dire qu’elle était fière de ma place, tout en précisant qu’elle avait peur que je perde mon empathie. D’un certains côté elle n’avait pas tort…
-Très bien, n’en parlons plus, mais tout ça m’inquiète au plus haut point… Herberon était mourant, voila ce qu’il se passait. Dans une époque où la durée de vie dépassait rarement soixante ans, le vieux s’était permis de vivre plus de quatre vingt cinq ans, et il le payait maintenant.

         Empli de tristesse à la mort du vieux Fair, il avait personnellement commencé mon éducation avec quelques éléments prometteurs, dans le but d’occuper son esprit meurtri par la perte d’un vieux compagnon et par la conjoncture de cette époque. En effet on demandait l’aide de la Légion un peu partout en Kryte, depuis que les lames s’étaient autorisé à leur redonner pleinement du travail, la division II coulait sous les demandes d’assassinat, d’espionnage et d’investigation, à tel point que je ne vis pas mon mentor pendant ma deuxième année en tant que légionnaire. À mon retour, Kyllian s’était refermé sur lui-même, et je me devais de lui changer les idées. Queh et moi on se succédait dans notre quête pour réveiller notre capitaine, qui peu à peu nous donna moins de missions, moins d’importance dans l’histoire du monde. On attribuait cela autant à sa tristesse et sa nostalgie d’une époque un peu moins dangereuse qu’à son age. Le vieux Osgeir, notre chef à tous, lui rendait parfois visite, et il ne ressortait que longtemps après, et à chaque fois Herberon semblait plus tranquille, plus reposé. Pourtant, moi et Queh continuions de le nourrir chaque jour, et en seulement trois ans, la division n’était plus gérée que par Queh, bien malgré lui, il n’avait jamais rêvé d’avoir ce pouvoir. Il n’en avait pas rêvé, et pourtant il le possédait. Mais ne voulait pas l’utiliser. Tous les deux nous espérions encore que le capitaine se remette, et nous lance dans un combat contre les Blancs Manteaux ou qu’il nous ordonne d’aller éliminer la Cour des Cauchemars avec tous nos assassins. Mais bon, il restait devant sa fenêtre et cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas revêtu son armure. pour ma part je gérais les nouvelles recrues et autres petits soldats. Ce n’était pas ma passion moi non plus, je ne participais plus tellement au terrain, et pire encore, je n’avais pas non plus les responsabilités qui avaient de l’importance. Bureaucrate dans une guilde d’assassins. Même en étant une Sylvari, je percevais de l’ironie dans cette situation. Toute la division appréciait son capitaine, mais depuis quelques temps, les guerriers venaient nous demander des conseils et des ordres de mission, des autorisations, comme si nous avions le commandement de la section assassinat entre nos mains. Rien ne bougeait. Nous faisions pourtant ce que nous pouvions pour nous occuper, mais Kyllian refusait la moitié du temps de nous laisser partir en mission, prétextant qu’il fallait tous rester unifiés au QG. Un jour, notre capitaine commandant vint tenir un discours après une entrevue avec Herberon.

         « Je sens un ennui profond en vous, légionnaires ! Il n’était plus le grand norn qu’il avait été, mais restait une entité et une légende, et ses mots résonnaient dans la salle commune. Il vous faut vous remotiver, pour notre cause juste, il vous faut vous lever et enfoncer vos dagues dans les gorges ennemies ! Vous vous êtes trop reposé, les missions n’attendent pas que vos miches soient convaincues que c’est pour une bonne cause ! Moi et Queh étions juste derrière lui, et nous avions le sentiment qu’il nous parlait autant à nous qu’aux autres, voire plus. Il est temps de redonner vie à cette division, courrez me ramener des informations, pour qu’ensemble nous luttions pour la Kryte entière ! » Queh et moi nous regardâmes, il nous fallait agir.

         Le lendemain, Queh envoya des missionnaires, des assassins et des chercheurs en mission. Il avaient enfin décidé de prendre des responsabilités, mais je ne pouvais lui rejeter la faute, j’avais moi aussi attendu trop longtemps dans l’espoir d’un rétablissement du capitaine. J’allai rendre visite à mon mentor, qui, tourné vers la fenêtre, ne semblait pas avoir touché à son repas encore.
« Cap’taine, il faut vous nourrir si vous voulez assez de force pour nous botter les fesses. Voyez que le vieux Osgeir lui même était là il y a quelques heures. je lui racontai en détails, et un éclat de rire sortit de ses lèvres. Allons donc, il en avait encore la force ce bougre. Cela me réchauffait le cœur. Son corps ne suivait plus par contre. Paralysie du pied, puis d’une main, il avait du mal à se mouvoir.
-Ce vieil homme m’aura tout fait. Je me souviens encore de l’époque où, entre norn, nous allions combattre les Charr et les fils de Svanir ! Même les gamins étaient là, Sorcha, Njörd, et dire qu’il est devenu capitaine ! il parlait d’une époque bien lointaine, même Queh ne l’avait pas connu, et les Premiers-Nés de ma race rêvaient encore à cette époque. Que nous est-il arrivée, fillette ? je ne voyais pas quoi répondre. Une banalité suffirait, le capitaine avait un franc-parler, et j’aimais ça.
-Vous avez vieilli. il sourit et me regarda quelques secondes.
-Toi aussi. Pourquoi n’as-tu donc pas encore pris de mari ? encore cette rengaine ! Ce vieillard n’avait que ça à la bouche !
-Mais parce que je n’ai pas le temps. si je l’avais.
-Tu l’as. Maintenant vas t’occuper de Queh, il se sent seul sinon. » je quittai son bureau triste. Il avait été tellement pour nous. Mon lieutenant m’attendait devant la chambre. Je lui souris et partis de mon côté, je ne supportais pas de parler d’Herberon dans cet état.

         Un soir où je classais les fiches des nouvelles recrues, un soldat passa la porte de mon bureau et me demanda de me rendre à la taverne, où tout le quart de service se reposait et buvait un coup. Nous étions très proches de nos assassins. Queh et moi avions gagné leur respect, et puisque nous étions les préférés du capitaine, ce respect était double. Queh était déjà bien plein, et je ne connaissais pas les effets de l’alcool sur la sève. Au bout de quelques verres je compris. Ça n’avait pas le même effet que sur les humains, mais ça inhibait néanmoins. Queh me défia, à la chaise d’à côté.
« Alors dis moi Kel’, tu veux ma place avoues ! Lieutenant ça te dit bien ?
-Je ne souhaite pas votre grade Lieutenant, gardez-le pour vous ! j’avais dit ça honnêtement, mais j’avais envie de le taquiner. Et puis il est bien trop petit, comme vous !
-Quoi, moi petit ? Il s’était levé, un grand sourire provocateur à la bouche. Ose répéter gamine !
-Mais très bien, petit monsieur ! J’étais levée aussi, et il essaya de m’attraper. Mais je me défis de sa poigne et courus. Au bout de quelques minutes, épuisés, je décidai de partir dans les couloirs pour le semer. Arrivée à mon bureau, je m’endormis tout simplement sur mes feuilles de recrues, où un nom m’avait semblé tout à l’heure intéressant, Stark, Kessie.
Au réveil je décidais de ne plus jamais boire, un mal de tête horrible dominant mon crâne.

         C’est cette même journée que je fus interrompue dans mes papiers par un soldat qui faisait du grabuge à la porte. En lui ouvrant il me demanda de me dépêcher d’aller à la salle commune. En arrivant au niveau de celle-ci, salle rectangulaire avec un étage à balcon et les bureaux tout autour, je vis en bas Queh tenir un discours à toute la Division. Il avait des larmes aux yeux.
« … Et souvenez vous pour toujours de Kyllian Herberon, bon capitaine, grand guerrier norn, qui combattit les Blancs Manteaux plus de fois qu’on ne le fera jamais, pour la gloire de la Légion d’Obsidienne et pour toute la Kryte ! » J’écarquillais les yeux. Quoi ? Quoi ?! Quoi !
         Il ne pouvait pas déjà être mort ! Je me souvenais encore la conversation que l’on avait tenu deux jours plus tôt.

         « Kelayne, que disent les gens? il regardait la pluie s’abattre sur la grande fenêtre de sa chambre. La maladie avait empiré, et il ne pouvait plus bouger ses bras. Je devais le nourrir continuellement de soupe et lui faire boire beaucoup d’eau.
-Les hommes disent des bonnes choses. Que quelque part en Tyrie des héros humains ont repoussé les Blancs Manteaux, et que les Asura ont trouvé quelque chose pour combattre l’engeance du Dragon. j’enjolivais un peu. Il y avait eu des Blancs Manteaux, mais il y avait eu un arrêt des combats car les deux camps perdaient trop de soldats. Et les Asura trouvaient tout le temps de nouvelles sciences, mais aucune ne semblaient marcher sur les morts-vivants.
-Bien bien. Dis moi petite, il me regarde enfin, voila longtemps qu’il n’a pas eu un regard vivant, en plus dans ma direction, veux-tu que je meure plus vite pour que tu montes d’un grade ?Encore cette question. Ils ne comprennent rien.
-Je ne veux pas du rang de Queh, c’est un bon ami et un bon lieutenant. Je ne veux que le bien de la Légion.
-Mais la Légion ne mérite pas qu’on sacrifie toute sa vie pour elle. il me choque avec ses termes.
-Au contraire, je pense qu’elle est bien au dessus de la vie humaine, et que sa cause est bonne pour tous les êtres vivants. Il faut qu’elle perdure. je m’étais peu à peu intégré ça en tête en la découvrant.
-Si tu le dis. Reste toi-même gamine, n’essaie pas d’être plus grande que tu ne peux l’être. Pour ça, il y a les Norn. Au fait, qu’est devenu l’ami qui était avec toi quand on s’est rencontré ? il parlait de Riotn. Je ne l’avais pas vu depuis deux bonnes années. Il n’était resté à la Légion qu’un mois, ne supportant pas le poids de la perte de la petite Neyl’a.
-Aux dernières nouvelles il va bien, prend du repos en forêt… en fait, Caithe m’avait avertie qu’elle avait peur pour lui, il passait beaucoup de temps dans les bois sombres, ne revenant que rarement au Bosquet…
-Bien bien… Tu aurais du le marier, c’était une belle plante.
-Je ne suis pas… sa « mère ». Ce concept n’existait pas chez nous. L’être qui s’en rapprochait le plus était l’Arbre Clair, mais c’était plus une déité qu’un parent.
-Trouve toi donc un mari avant de faire des chiards.
-Oui Kyllian, j’essaie… je ne trouvais plus quoi dire après toutes ces années. Il voulait me caser avec n’importe quel bel homme qui était passé dans nos rangs. Pourtant trouver homme voulait dire quitter la Légion pour former une famille. Et ça jamais de la vie. A ce moment là, quelqu’un frappe à la porte.
-Monsieur, madame, un soldat souhaite parler au capitaine.
-J’arrive ! je souris à mon mentor et trouvai devant la chambre une gigantesque norn. Je la reconnus aussitôt, elle était très connue au sein de la Légion. C’était Sorcha Rottekjave, un soldat qui n’avait jamais passé un grade malgré trente ans de carrière. J’étais intriguée par cette femme qui n’avait jamais cherché à évoluer. C’était contre-productif pour moi, et il me fallait un jour avoir une conversation avec elle. Je lui fis signe d’entrer, et lui demandai de bien vouloir faire avaler son repas à notre chef. Elle inclina la tête et disparut dans la chambre. J’entendis le rire de notre capitaine et cela me ramena au présent.

         J’avais mis du temps, beaucoup de temps. Plus de trois ans à préparer ce qui sauverait surement la Légion. L’inactivité de la Pierre Noire m’attristait depuis trop d’années, et je me sentais enfin bien. Bien sur ça n’avait pas été facile de tuer le capitaine. Je l’avais empoisonné, repas après repas, pendant trois longues années durant lesquelles j’avais pris soin de glisser de la poudre d’une plante trouvable uniquement au fond du marais du Béhémoth, cette créature qui apparaissait parfois pour effrayer les voyageurs. Légende ou pas, je ne l’avais jamais vu lui, mais j’avais trouvé cette plante, qui, avec le contact de la corruption, s’était vue devenir mortelle. J’avais décidé de ne pas le faire souffrir, et de l’affaiblir lentement. Bien sûr je n’avais pas prévu que ça dure aussi longtemps, et je ne m’attendais plus à le voir mourir maintenant, comme si le poison avait été absorbé par son corps. Pourtant, il était mort. J’avais œuvré pour la Légion, et uniquement pour elle. Se sacrifier pour la juste cause. Herberon à la fin était devenu trop mou, trop attaché à ses amis, ses soldats, il ne voulait plus les perdre, et ne les envoyait donc plus combattre. Je ne comprenais pas cet état d’esprit. La Légion était une cause qui méritait toutes les morts pour arriver à pacifier le monde. Elle était devenue toute petite, et semblait revivre. Il fallait que je sois actrice majeure de cette renaissance.
         Mais il me fallait aussi accuser quelqu’un. Je n’avais pas envie qu’on me découvre, encore moins qu’on prenne ma place. Je voulais pouvoir agir comme je le désirais, et que la Division II retrouve son éclat d’avant. Il me fallait donc un bouc-émissaire, et bien que ça me brise le cœur, je devais aussi me débarrasser de Queh. C’est moi-même qui avait proposé de servir les repas un jour sur deux. Ça diminuerait le poison, le faisant passer pour un aspect de la vieillesse, et ça me donnerait l’occasion d’accuser une autre personne. Queh était mon ami, mais c’était aussi la cible idéale. Et il venait d’entrer à ma suite dans la chambre. Il avec les yeux humides, et je fis une moue triste.

« On va s’en sortir Kel’… il s’approcha de moi, levant la main pour la poser sur mon épaule et me réconforter.
« Oui, on va s’en sortir, pour la Légion… cette illusion l’enlaça, tandis que je saisissais sa bouche et que je coupais net sa langue. Il remua, écarquilla les yeux, cracha du sang et essaya de s’enfuir. Je le laissais faire. Arrivé sur le pas de la porte, moi derrière avec mon épée sortie, je criais : « AU TRAÎTRE ! » et je frappais de mon pied son dos, il fut propulsé contre la rambarde du balcon, je lui saisis le col et le jette dans le vide, au dessus de la salle commune. Tandis qu’il tombe, mon revolver est sorti, et pointé vers sa tête. Je tire et transperce son front, la balle se coinçant dans son cerveau mort. Je saute à sa suite et prends la parole, tandis que tous mes hommes sont alertes, dans toute la salle.
« Le lieutenant nous a trahi ! Il a empoisonné notre bon Capitaine ! c’était simple. Je n’avais plus qu’à l’accuser d’avoir voulu du grade, il avait déjà parlé de le remplacer, et avait même donné des ordres à sa place. Il a préparé tout cela pendant des années, l’empoisonnant alors que nous essayions de le guérir ! Ce traître à sa race et à sa nation ne méritait que de crever comme une charogne. déjà les cris de rage s’élèvent, je n’ai plus qu’à finaliser le tout. Je vous jure que ça ne restera pas impuni ! Les Blancs Manteaux sont forcément dans le coup, et au nom de Kyllian Herberon, nous traquerons ces porcs et leur ferons payer la mort de notre Cap’taine ! » Des cris de colère rugirent, et bientôt, on cria mon nom partout dans le QG de la divions II. J’étais le centre d’attention. Je fis aussitôt nettoyer tout ça, et organisai la cérémonie de deuil du vieux Kyllian.

         Ce jour là, tout le monde était rassemblé dans la grande cathédrale. Prêtée pour l’occasion par la Lame, tous les légionnaires étaient réunis, la Division II devant les autres. Osgeir était debout devant le corps de Herberon, et il faisait un discours émouvant et motivant. J’étais à côté des quatre autres capitaines de division. J’avais d’abord été surprise qu’on m’accepte aussi rapidement dans leurs rangs, mais il était connu que j’avais une relation proche du père-fille avec le vieux capitaine, et étant le seul officier encore en vie, je me devais de représenter la division. A ma droite se tenait une fille à peine plus âgée que moi, une superbe brune du nom de Keira Stark, qui était devenu capitaine quelques mois auparavant. A ma gauche se tenait le plus grand Norn que j’aie jamais vu. Il m’effrayait. C’était le vieil ami de mon mentor, le capitaine Njörd. A sa gauche se tenaient les deux derniers capitaines, que je n’avais jamais vu. Le premier était un Asura recouvert de vêtements rouges, où on ne voyait que les yeux, roses, changeant d’intensité en fonction de son regard, mais ils étaient si impressionnants qu’ils intimaient immédiatement du respect. Le capitaine de la cinquième division était un grand chauve élonien du nom de Kavaka, un autre ami d’Herberon, reconnaissable à son allure fine mais sculptée, son air morne et son regard de zombi. Lorsque Osgeir finit son discours, tous frappèrent du poing au niveau du cœur, tandis que ceux de la Division II remontaient leur second poing dans leur dos, et saluaient. Il n’y avait pas eu moment plus triste depuis mon arrivée à la Légion, mais ce jour là, je me promis de ne plus jamais accepter qu’il y en ait d’autres. Par ce sacrifice, il fallait maintenant être digne et redresser la barre. J’avais perdu deux amis précieux, et je me sentais seule, mais imprégnée d’une mission tellement supérieure.
Alors qu’Osgeir se retournait vers ses Capitaines, il me fit appeler près de lui. Il devait vite choisir un nouveau capitaine, car la Légion ne pouvait survivre sans ses cinq meneurs de division.

« Kelayne aes Sedai, Sylvari de l’Arbre Clair, aujourd’hui tout le monde est témoin pour reconnaître que vous avez attrapé le traître à son rang Queh Gahs’tejol, qui a tué le noble Kyllian Herberon. Par votre grade, votre bravoure, et pour avoir vengé votre mentor, nous espérons que vous gagnerez vite l’expérience, pour compléter le respect qu’ont déjà ces hommes pour vous. en effet, tous les hommes de la division II avaient gueulé pour que je sois choisie en tant que capitaine, même les plus vieux avaient apprécié mes moments de beuverie avec eux, ou encore les fois où je leur posais tout un tas de questions sur une vieille guerre passé bien avant mon ouverture. Ainsi je vous nomme Capitaine de la Deuxième Division de la Légion d’Obsidienne, puisse la Pierre Noire être dans votre cœur à chaque mission, à chaque vie prise, pour le bien de la Kryte.
-Pour la Légion ! » On me donna un anneau, symbole des capitaines d’Obsidienne, et je saluai devant mes soldats. Ils crièrent tous ensemble mon nom. Ainsi j’étais devenue capitaine.
Cela fait maintenant plusieurs mois. Je n’ai toujours pas choisi de lieutenant. Je n’avais pas prévu que la chose qui m’effraierait le plus dorénavant, ce serait qu’on me fasse la même chose que j’avais fait endurer à mon prédécesseur… Néanmoins, je suis maintenant plus forte, et plus sure. Je vouerai ma vie à la Légion, et avec elle, à la pacification du monde, par tous les moyens.

Notes de la Sylvari Kelayne Aes Sedai,
Seconde-Née de l’Arbre Clair,
Cycle de la Nuit.
         Fin.
Publicités