Chroniques d’un rôliste #1

[Forum : Reeborn.
Elisabeth est une jeune femme d’une vingtaine d’années. Elle a été kidnappée lors d’une attaque où les mystérieux ennemis capturent les potentiels futurs Héros. Six mois se sont écoulés depuis sa capture.]


Elisabeth relève la tête et ses cheveux se collent à son visage. Sa sueur coule abondamment sur ses seins et ses lèvres entre-ouvertes laissent échapper un gémissement. Ses mains agrippées fermement aux draps qui sont prêts à se déchirer tandis que le lit claque contre le mur en béton de la cellule. Un tohu-bohu incessant qui exacerbe les voisins du secteur 11. Six mois que ces bruits polluent leur sommeil chaque nuit ou presque. Les gémissements excitent les hommes et font jalouser les femmes. Six mois qu’Elisabeth entre dans cette transe où, les yeux levés vers le sommier du lit superposé, elle n’est plus elle-même.

En elle un courant chaud se propage et lui rappelle les fleuves qu’elle parcourrait plus jeune en rafting. Les caresses sur son corps ne sont que le rappel permanent du vent chaud en haut de la tour d’observation du désert du Grand Canyon. Les mouvements entre ses jambes : la course effrénée d’un cheval au galop. Elle pense à ces aventures avec sa sœur où elles courraient pendant des heures en forêt. Cette chaleur et cette fatigue lui rappellent ces moments de sport intensif. Se souvenir de tous ces moments la fait sourir. Les cheveux tirés en arrière, elle sourit béatement à sa vision.

C’est fini. Elle peut se reposer. Au creux de son épaule, elle chuchote et il lui répond en souriant. Elle se sent bien, protégée. Cela fait six mois qu’elle a quitté son niz douillet de Reeborn, mais elle ne le regrette pas. Liz n’est plus la petite fille à son papa, elle a changé. Contre son homme elle peut être qui elle veut. Elle a réussi à faire ce qu’elle avait toujours désiré. Il lui rend son amour au centuple, il l’adore, il la cajole. Elle est son soleil, il lui dit toujours. Il n’est jamais fatigué pour elle, il la comble de bonheur. Elle n’a qu’à se laisser guider, car il ne la rend que plus heureuse chaque jour. Elle ne comprend pas ses amis, ils ne l’apprécient pas trop. Ne voient-ils pas qu’elle est au paradis avec lui ?
Elle lui embrasse l’épaule. Il la serre un peu plus contre lui, il lui baise le front. Puis il descend et lui offre un long et passionné baiser. Elle l’aime tant ! Elle lui rend, il en profite pour lui mordiller sa lèvre. Le goût âcre du fer revient. Il descend et de ses mains habiles il la presse et elle apprécie. Ses bras puissants la soulève et la pose sur le dos. Il part à monts et vallées, il s’aventure en forêt inconnue, découvrir le fruit de Lilith. Il est un as. Elisabeth se raidit et ses yeux s’ouvrent à nouveau alors qu’elle gémit fébrilement. Elle est si bien, il la rend si pleine. Alors commence la danse du serpent et de la cigogne. Elle ferme les yeux d’extase…
Puis ce sont des sentiments plus forts encore qui se libèrent. Elle n’ouvre qu’un œil mais déjà elle le voit, son bel apollon, de toute sa splendeur au dessus d’elle. Ses mains sur ses seins, elle est cambrée pour être le plus apte à le recevoir. Il aime ça. Il en veut plus encore. Ses mains robustes s’agrippent à la poitrine de la belle blonde. Il les tient fermement. Elle exulte et leurs regards se croisant, elle murmure dans un souffle : Laurent…. Il retire sa main de son sein pour lui caresser le visage. Et son autre main vient la gifler. Elle se remet bien malgré elle à le regarder en silence, et satisfait, il laisse apparaître son sourire brillant et intensifie ses vas et viens de tollard. Elle reprend peu à peu du plaisir, et ses gémissements recommencent. Il lui fait tellement du bien, il lui a toujours dit. Il se redresse après l’avoir embrassé, et lui colle une droite franche du poing. Elle crache du sang, et son œil au beurre noir s’obscurcit de nouveau. Elle lâche une larme puis se remet à sourire. ..Merchi… Il se retire et elle va pour l’arrêter quand elle se sent ballotter. Son visage s’enfonce dans l’oreiller, et à genoux, Liz le sent en elle. Le fracas du lit contre le mur rythme à nouveau sa nuit.

Le soleil artificiel de leur nouvelle demeure se lève, et il quitte le lit, exténué. Elle le plaint. En marchant jusqu’au lavabo vétuste, du sang coule de ses phalanges. Elisabeth ne peut pas se lever pour le soigner, elle en pleure de tristesse. Il est sale par sa faute. Il se lave tranquillement les mains. Un garde passe devant la porte de la cellule, ses clefs font un petit cliquetis que les prisonniers affectionnent particulièrement; l’heure des repas approchent. Le soldat ouvre la grille du haut et regarde à l’intérieur de la cellule. Il salue d’un hochet de tête l’amant de la blonde. L’étalon se masse la main et se l’essuie avec une serviette. Le soldat sourit et lui tend le petit déjeuner grâce à une trappe. A l’intérieur, on lui prend et le garde referme tout, il part faire sa tournée. Le donneur de plaisir s’assoie en face du lit superposé. Il attrape un croissant et le mange goulûment, un grand sourire aux lèvres. Puis il se lève et s’avance vers blondie. Sortant du sac de nourriture une seringue au liquide jaunâtre, il fait pénétrer l’aiguille dans le bras de sa compagne. Le liquide se répand et il jette le reste dans la poubelle. Il lui chuchote tendrement à l’oreille : Repose toi bien ce soir. A demain chérie.
Et le voila qui quitte la chambre. Sur le lit, une blonde désarticulée, un pantin sale et recouvert du pêché de l’homme. Un sourire aux lèvres, elle susurre : ..Merci…

Puis la quête journalière de la blonde reprend, depuis six mois la même ritournelle. Elle quitte sa cellule après la sonnerie matinale, va aux douches, s’y assoie, attend que l’eau fasse son effet. Elle se lave, beaucoup, plusieurs fois. Puis elle prend les vêtements jaunes qui font l’apparat de son secteur, et part dans la cours. Elle marche lentement, brisée. Elle marche autour des terrains, seule.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s