Twenty-four

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6 mai. Un article pour ce jour chaque année. Essayons de nous respecter un petit peu. La régularité est une chose qui manque à tous les amateurs. C’est pas faute d’essayer, mais c’est plus fort que moi. J’ai besoin de me changer les idées, de reposer ma tête et de faire n’importe quoi.

24 ans. On peut pas dire que j’ai rien foutu non plus. Je savais pas quoi faire de ma vie six ans avant ce jour. J’ai fait des études, découvert des matières, des métiers, des milieux géniaux. Plus encore, j’ai vécu des années de folie, loin de ma campagne et de mon adolescence. Et bordel ça a été dur. Les gens sont froids, terriblement distants. Et je suis le parfait exemple de ces connards déshumanisés. J’ai blessé pas mal de gens. J’ai toujours demandé pardon. J’espère que je l’aurai un jour. Terrible cette idée de blesser les gens qu’on aime. L’Enfer est pavé de bonnes intentions. Le pire dans tout ça, c’est que ces gens avancent. Et moi, je stagne.

Foutue mémoire, caboche pourrie par les souvenirs d’une autre époque. J’ai assez d’images de ces cinq ans pour repeindre un mur de photographies des plus heureuses aux plus tristes. J’en viens à me demander si je me force pas tout seul à tout garder en mémoire. Des sentiments, des émotions. J’ai deux trois cœurs brisés à revendre et pourtant je les braderais tous pour redevenir heureux avec une de ces personnes blessées. Qu’est-ce qu’on ferait par amour ? Tout et n’importe quoi. C’en est écœurant de vérité. On a beau le critiquer chez les autres, le naturel revient au galop. Et pourtant, à force, on sait. Revenir avec un amour oublié est une connerie. Tout est fini, pour plein de raisons. Et je sais que c’est débile. Mais l’imaginer, quel plaisir !

Mais il faut avancer dans la vie. Alors tu te forces. Tu souhaites le meilleur à l’autre personne, et tu te bouges. Tu sors dans la rue, tu vas te prendre un moka Grande à la sirène verte du coin et tu espères tomber sur l’une de ces personnes qu’on ne rencontre que dans un bon film avec Hugh Grant. Et tu croises les doigts pour pas tout faire foirer encore. Parce que, au fond de toi, tu sais être une belle personne, que tu sais donner de l’amour, de l’attention. Que tu as des amis qui t’apprécient et des personnes qui t’ont aimé. Alors tu te réveilles le matin avec une vague amertume et tu prends la première bouffée d’air frais comme la porte ouverte vers l’avenir.

Presque 6 ans maintenant sur Paris. J’ai aimé à ne plus savoir quoi faire de mon cœur et je continuerai tant que je le pourrai. C’est ce genre d’articles qui rend les yeux humides à celui qui l’écrit. Mais bon, ça fait du bien de lâcher un peu de bons sentiments, surtout vu le nombre de fois où l’on m’a reproché de ne pas le faire. Alors soyons sentimentaux, allons-y.

J’ai détesté et j’ai adoré mes études. J’ai l’impression d’avoir été volé et pourtant j’ai payé des trucs inestimables. J’y ai gagné l’amitié et, j’espère, le respect d’autrui. J’y ai créé des choses dont je suis fier, j’ai été remarqué pour de multiples raisons, des bonnes et surtout des mauvaises. Est-ce que je regrette quoi que ce soit ? Non. Pourquoi regretter ce qui t’a construit ? J’ai soutenu comme je pouvais mes amis et j’ai aidé au mieux qui je pouvais avec les maigres capacités que je possédais. Je me suis reposé sur mes lauriers et ça a rarement payé. Mais j’y ai aussi gagné des valeurs, et quelque part, j’ai apprécié me faire écraser. Un tel égo a besoin de temps en temps de s’en prendre plein la gueule.

J’ai écrit pour quelqu’un d’autres que moi même, j’ai appris à mettre des mots sur des sentiments, et j’ai transmis ce que je ressentais à tous ceux que je pouvais. J’ai continué d’être cru, vulgaire et honnête. Ça n’a que rarement payé. Peut-être que ça, je le regrette. Mais Florimon sans son franc-parler, ce ne serait qu’une copie low-cost édulcorée, sûrement vegan, avec des principes de merde et une coupe hipster. Peut-être même qu’il aurait de la barbe.

J’ai travaillé, j’ai même gagné de l’argent pour ce que je faisais. J’y ai gagné de la reconnaissance et j’ai même été inscrit dans des crédits. Qui peut se vanter d’avoir travaillé sur un long-métrage de science-fiction ? Aussi, j’ai pas été major de promo. On a que ce qu’on mérite. Est-ce que je regrette mes choix et mes résultats. Bien sur. J’aurais voulu rendre fier d’avantage de personnes.

Et surtout j’ai aimé et j’ai tout autant pleuré. Pas autant non. Mais pas mal. Pareil, je ne regrette rien. Chaque coup de cœur, chaque « je t’aime » lâché à une oreille n’était pas un faux. Je me suis assez excusé pour avoir fait telle ou telle connerie. Je ne dois rien à personne. Ou si, quelque chose. Du respect envers moi-même. Je ne me reproche pas plus que d’avoir été humain, d’avoir trop aimé et d’avoir gâché des histoires, des amitiés. J’en ai bousillées de celles-ci. Mais je pardonne toujours, encore cette affaire de mémoire. Je n’en veux à personne. Chacun voit midi à sa porte. Dans cette époque où des gens préfèrent coucher qu’aimer, chacun voit son bonheur où il désire le trouver. Et je souhaite tout le bonheur possible à tous les gens que j’apprécie et que j’ai fréquentées. Et tant pis si je suis le seul à penser à cette époque où on était heureux. Tant qu’on l’était vraiment.

24 ans et je remercie toutes ces personnes qui m’apprécient et qui pensent à moi, où qu’il soient. Ils doivent savoir que de mon côté, je ne les oublie jamais.

Don’t worry, be happy. Florimon

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