Sleepy man

Je suis déphasé. Bien et en même temps ailleurs. Une autre dimension, un autre temps. Allongé quelque part entre la couette et Le Grand Tout. J’écoute, aucun son. Juste un sifflement récurrent, tout léger, que personne n’entendrait sans méditer. Mais je l’écoute. Il me fait bouillonner. C’est peut-être ce qui m’éveille.

Oui, j’étais endormi. Aucun souvenir de ce que je faisais avant. Ma chemise bleue est seyante mais froissée. Me suis-je évanoui ? Je devais faire quelque chose pourtant. Une odeur agréable effleure mes synapses. Serait-ce un voisin par la fenêtre entre-ouverte ?

Je sens un courant d’air sur mon visage, qui pénètre doucement par mon col et me gèle tout le torse. C’est ça, j’ai froid. Combien de temps depuis ma chute ?

Je ne vois plus rien. J’essaie mais tout est blanc, tout est chaud. Logique, je le ressens, ce magnifique soleil. Il brûle les parties de mon corps qu’il illumine. Je faisais quelque chose. Mais quoi ?

Ma main fébrile bouge timidement, un de mes doigts bat le rythme d’une mélodie de Sam Smith tandis que j’ouvre mes lèvres, les caresse d’un coup de langue et essaie de chuchoter.
« Je… Je fais quoi ? »

La porte siffle. J’avais dit à Papa de la réparer. C’est énervant, ça brise le calme dans lequel j’étais. Mais ça met fin à cet autre son régulier. Tant mieux.

Je me fige, j’entends quelqu’un. Si la porte s’ouvre, c’est que je ne suis plus seul. Un pas très léger. Puis des vêtements. Un tas de vêtements qui se croisent et se défont, se font porter et reposer. Quelques pas. Des bruits de bottes qui sont enlevées et posées. Une fille.

J’avais prévu quelque chose, mais quoi ?

Elle s’approche doucement. S’assied sur le lit. Elle a peur que ce soit une blague. J’aimerais que ce soit le cas, mais je suis trop dans le flou pour ça. Elle s’approche, se penche vers moi. Son odeur. Je la reconnais. Elle m’embrasse, je ne réagis pas des lèvres mais tout mon corps s’electrise. Il s’éveille.

Elle écoute mon pouls. Je n’ai rien à craindre.

Elle entend finalement mon battement de coeur, puis mes poumons qui se remplissent. Elle remonte à mon niveau, me soulève légèrement la tête.
« Tu m’as fait peur, qu’elle me chuchote. Ne recommence plus. »

Je souris je crois, et elle m’embrasse. Débarrassé de ce rayon de soleil, je peux ouvrir les yeux et croiser les siens, si sombres et intenses dans la pénombre de ses cheveux.

Un son strident et fort, comme une cloche numérique, retentit. Le micro-onde me rappelle à lui, le fondant est chaud, et j’ai oublié de le débrancher.

Foutu coup de jus.

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Mille_Mots : Appartenance

Des mois se sont écoulés. Adam est toujours flic, il fait toujours équipe avec Rick. Il traîne toujours dans des bars, toujours les même, puant et rassemblant la pire engeance de la ville. Les flics pourris et leurs sales histoires. L’affaire du gamin mort avait été vite réglée. Ils avaient payé le bonhomme du magasin, avaient pris le corps et l’avaient emmené chez Grayson & Partners, un crématorium qui travaillait essentiellement pour la police. Il savait à quoi s’attendre, les avait couvert de nombreuses fois. Adam était persuadé que l’homme à la moustache, le fils du regretté Grayson, lui, n’avait pas la conscience tranquille. Mais c’était une affaire qui lui rapportait de quoi finir largement bien ses fins de mois. Alors il fermait les yeux sur sa main qui devenait de plus en plus noire à force d’aider les pourris à faire disparaître des preuves. Et cette fois-ci encore, il avait joué leur jeu.
Ils étaient ensuite retournés sur le lieu du crime, histoire de vérifier que tous liens avec eux avait disparu. Mais il restait la fille. Sur le moment il s’en était fallu de peu qu’elle se prenne une balle du partenaire d’Adam, mais le blond s’était retenu pour filer dans la boutique vérifier ce que disait le vieux. C’était à ce moment là qu’elle avait parlé pour la première fois à Adam, lui qui avait pris un sacré paquet de stress d’un coup avec cette histoire. Son doigt, sa gâchette, son flingue, sa balle.
Elle était jolie, il n’avait donc pas envie de lui en mettre une. Mais il fallait qu’elle parte. Alors il lui avait dit de dégager, pointant son arme sur elle. Il ne l’avait pas revue avant des semaines, et après avoir cherché pendant des jours et des jours dans ce quartier, puis dans toute la ville. Elle l’obsédait. Il voulait la revoir, vérifier qu’elle allait bien. Il avait pensé que c’était avant tout pour s’assurer qu’elle ne dirait rien. Mais même Rick semblait ne pas croire à cette théorie.
Et puis un soir, elle était réapparue dans la vie de tous. Adam n’avait rien expliqué, préférant laisser chacun à ses spéculations et ne pas laisser rentrer les autres dans sa vie privée. Quelque chose qu’il s’empêchait d’habitude de faire. Plus ses collègues savaient de choses sur lui, moins on se demandait s’il allait les trahir. Et c’était vrai pour chacun d’entre eux. Certains d’ailleurs voyaient d’un mauvais œil que le flic fréquente une prostituée. Mais le grand brun se fichait comme de l’an 40 de ce qu’ils pensaient de lui. Il était fasciné par cette fille, par son attitude, son tempérament, par ses mimiques et par sa voix chevrotante qui lui donnait envie de la serrer contre lui et de la protéger contre tout le monde.
Il l’emmenait même à leurs soirées. Dans ces boîtes de nuits pour jeunes huppés qu’ils fréquentaient parfois pour se changer les idées. Elle était toujours exceptionnelle. Jeune et jolie, sexy à se damner et avec la répartie qu’il fallait pour faire comprendre à ses collègues qu’elle était prise et pas par n’importe qui.
Lors de ces nuits, il arrivait que Rick soit trop amoché pour contrôler ce qu’il disait. Avec toutes les drogues qu’il prenait, même les autres policiers commençaient à se demander s’il avait encore sa place dans l’équipe. Adam, lui, savait que non. Mais ces soirs là, Rick dépassait les bornes. Alors qu’Eve, c’était le nom de la fille, revenait des toilettes pour se remaquiller, il la regardait venir de loin et jouait du coude pour annoncer à ses collègues qu’il allait blaguer. Il demandait alors à la jeune femme de danser. Elle le regardait de haut et lui répondait d’un doigt d’honneur pour lui faire comprendre que c’était non. Mais il insistait. « Danse pour moi, allez ! » « Remues toi devant nous, montre nous comment tu fais ton travail putain !« 
D’habitude, Adam ne réagissait pas. Mais parfois, il se laissait aller à la plaisanterie. Il demandait alors à Eve : « Et pour moi ? » Un doute passait furtivement dans les yeux de la jeune femme. Mais elle n’hésitait pas longtemps. Elle mettait toujours ses mains sur les hanches et répondait : « Faudra me payer ! » Alors Adam sortait de sa poche un gros billet et lui mettait dans le décolleté. Il prenait alors un large sourire et lui disait « Maintenant danse. » Alors elle se mettait à danser. Pour elle, ce n’était pas faire son job de prostituée. Non. C’était juste un rappel d’Adam pour elle. Elle lui appartenait, il lui avait dit. Elle bougeait alors de tout son corps, son ventre nu ondulant tandis que les autres gars se rinçaient l’œil. Mais elle n’en fixait qu’un seul. Leurs regards étaient comme mélangés et ils savaient ce que pensait l’autre. Il n’aurait pas osé détourner le regard, encore moins en voir une autre. Si elle était sienne, c’était seulement car il était sien. Elle le possédait et il n’était plus le flic libre et sans scrupules. Il appartenait à cette femme sortie de nulle part. Alors elle se permettait de danser pour lui, car elle savait l’effet que ça lui faisait à lui. Elle savait qu’avant minuit il la plaquerait contre un mur et la prendrait sauvagement, que leurs langues se mêleraient et qu’ils jouiraient plusieurs fois avant le matin.
C’était le couple qu’ils avaient créé, après cette rencontre dans cette petite rue. Ils étaient tombés amoureux, aussi impossible que cela ait pu être. Et malgré les jalousies et les emmerdes de flic et de pute qu’ils avaient tous les deux, ils ne semblaient pas vouloir se quitter plus d’une minute.

Mille_Mots : Échapée

La colère. Qui monte jusqu’à ce que la personne change radicalement. La crise qui évolue telle un raz de marée, emportant tout sur son passage. Elle découle d’un petit événement, parfois plus grand. Mais elle est là. Les autres regardent cette vague qui devient progressivement gigantesque, et ils ne savent pas s’ils doivent ou non faire quelque chose pour la ralentir. Est-ce seulement possible ? Ils n’essaieront de toute façon pas. Ils sont trop effrayés. Adam ne l’est pas lui. Il a vu trop de choses.
Il est flic vous savez. Simple flic, dans la mobile de Los Angeles. C’est pas un super-flic, juste un flic qui fait son job. Quand il rentre chez lui, personne ne dit de lui que c’est un héros. Mais la ville le paye pour qu’il fasse semblant de l’être. Alors il se lève tous les jours pour accomplir sa besogne. Et parfois, elle est bien sale. Genre dégueulasse. Le genre de travail que tu répugnerais à faire. Mais qui doit être fait. Adam est de ces gens qui ne rechignent pas devant une tâche difficile ou dévalorisante. Par éducation peut-être. Ou alors car il est profondément amoral.
Qui pourrait lui en vouloir ? Treize ans qu’il est rentré dans la police californienne. Il a vu des actes héroïques, peu, mais il y en a eu. Et puis il a vu beaucoup de merdes. Le genre de trucs que tu racontes à personne, sauf peut-être au bar du coin où vont tous ses collègues. Enfin « tous ». Les moins fragiles. Parce qu’il en faut de la hargne pour garder les yeux ouverts dans ce monde de la nuit. Adam est comme un poisson dans l’eau entouré de ces requins. Et ils forment une famille dont personne ne voudrait avoir le moindre lien avec. Ils sont ce qui se fait de pire dans la ville des anges, mais ils sont un maillon de la chaîne qu’on ne peut pas retirer. Le cancer de la gangrène. Et ça, Adam en a conscience depuis qu’il l’a rencontrée.
Il y a des soirs où les patrouilles sont monotones, on y trouve rien d’intéressant et il ne s’y passe pas grand chose. C’était ce genre de soirée que passait Adam et son collègue, Rick. Ils avaient remonté Vestlake Avenue, en direction de la 3ème, et s’étaient arrêtés au MacBeth, manger un bout et occuper le temps qui restait, plusieurs heures à vrai dire.
Adam et Rick ne parlaient plus depuis un bon moment. Pas ce soir là, mais tous les soirs de l’année. Ça faisait des années qu’ils faisaient équipe, mais ils ne se faisaient plus confiance. Pour être précis, ils ne restaient coéquipiers que par peur de l’autre. Ils avaient vu trop de choses, ils avaient une crainte significative de ce que l’autre pourrait dire à certaines personnes. Alors comme un cercle fermé et éternel, ils restaient frères d’armes, faute de mieux. Ce soir là, même le café avait un goût à tout recracher. C’était d’ailleurs ce que s’apprêtait à faire Adam, lorsque la radio sortit ses sons caractéristiques qui firent poser leurs donuts aux deux policiers. Une minute plus tard et ils répondaient à l’appel du central. On avait besoin d’eux vers le Beverly Boulevard. Un vol qui tournait mal dans un petit market. Ils étaient pas loin, ils partirent au quart de tour. Ils ne mettaient jamais le gyrophare. On ne savait pas quand ça pouvait déraper. Pas avec leur petit groupe de flic à la morale douteuse.
On pouvait s’y attendre, il s’agissait d’un gamin. A peine 20 ans et déjà sur d’être un bonhomme qui roule sa bille et qui fait sa vie. Adam en avait rencontré des tonnes durant sa carrière. Il savait comment les dresser. Celui la ne ferait pas exception. Ils rentrèrent dans la boutique. Le gosse les pointa aussitôt avec un glock-18. On se demandait bien pourquoi les USA continuaient de vendre des armes à d’autres pays quand ce flingue faisait autant de ravages à l’intérieur des terres. Autant revendre ceux-là. A moins que l’Amérique propose elle-même à ses concitoyens cette arme. Rick essaya de calmer les choses, Adam était pas vraiment d’humeur. Son collègue tentait de lui dire que tout allait bien se passer, tout en passant une main dans son dos pour sortir son arme. Le grand brun qu’était Adam avait encore moins de principes. Il regarda derrière lui et vit qu’il n’y avait personne devant le magasin. Il se retourna et tira sur le gosse. Une balle dans l’épaule, de sorte qu’il ne puisse plus rien faire avec son flingue. A terre, Adam préféra être sur et assomma le gamin d’un coup de talon. Le gérant de la boutique les remerciait qu’il n’avait pas encore essuyé sa chaussure tâchée de rouge. le marchand appela lui-même les urgences, ne préférant pas porter plainte. Adam le trouva débile mais ne préféra pas le dire. Il ne voulait même pas embarquer le blessé. Ça ne servait à rien de coffrer un gosse 24 heures, ils recommençaient toujours. Alors il fit ce qu’il faisait toujours. Il chargea un paquet de bières comme récompenses et salua le proprio d’un vague signe de main avant de sortir et de se poser sur un banc avec Rick. Et ils burent à la connerie des enfants de nos jours. Ils étaient bien différents selon lui à son époque.
Et c’est là qu’elle passa devant lui. L’air d’abord ailleurs. Elle était habillée comme une putain qui vient de faire son affaire. Plutôt jolie en fait, si l’on oubliait l’œil au beurre noir et le maquillage qui avait coulé. Adam se foutait bien quelle en était la raison, sa mère avait exercé et elle revenait elle aussi avec ce genre de masque. Elle devait alors le nettoyer pendant de longues minutes, et il était alors l’heure de lever Adam et son frère pour les amener à l’école. Il ne pensait pas s’en rappeler aussi bien.
Rick lui manqua de respect, il se prit une gifle de l’intéressée. Alors que celui-ci se levait pour calmer les ardeurs de la blonde, le boutiquier sortit de son Market, affolé.

« Il est mort… vous l’avez tué !« 

Mille_Mots : Rencontres

Elle avait accepté de le raccompagner chez lui. Il estimait déjà que cette soirée était une réussite. Il avait enchaîné les bons points. Les petites remarques agréables, les yeux doux, les contacts rapides d’une caresse dans le dos ou d’un frottement d’épaules. Cette journée avait été remarquable. Il ne se sentait pourtant pas à son meilleur niveau. Cela faisait un bon bout de temps qu’il n’avait pas fait la cour à une jeune femme. Mais comme on le disait souvent, « c’est comme le vélo, ça s’oublie pas ! » Il n’avait pas démérité. Cela faisait un moment que son célibat lui pesait sur la conscience et ça se reflétait sur ses relations sociales. Il lui fallait sortir et rencontrer des filles. En tout cas se convainquait-il comme ça. Aussi avait-il fait le plus d’efforts possibles pendant ce jour associatif, avec comme objectif de ne pas rentrer seul.

C’était seulement la porte du hall de son immeuble passée et un regard échangé devant le minuscule ascenseur qu’ils se jetèrent dessus, les portes à peine passées. Une étreinte torride qui la plaquait contre le mur à peine assez large pour qu’elle s’y adosse. Leurs langues s’entremêlaient tandis que leurs mains s’aventuraient sous les premières couches de vêtements. Oh il n’avait pas pris n’importe qui durant les heures qui précédèrent ce rapprochement. Il aurait pu. Il n’était pas le plus beau mais savait user de son charme. Seulement il n’avait pas envie de tomber sur une source de problèmes. Non il la connaissait d’avant. Il l’avait rencontrée en réunion d’affaires lors d’un voyage dans le sud. Ils s’étaient rapidement parlé à propos d’un sujet dont il ne se souvenait plus et dont il se fichait. Elle lui avait plu, il pensait qu’elle aussi. Puis ils avaient parlé pendant des heures, de tout et de rien. De satiété sexuelle et d’appétit envers le sexe opposé. Ils étaient sur la même longueur d’onde, s’autorisant même parfois à des remarques déplacées et légèrement provocantes. Qui n’avait jamais proposé à son interlocuteur de lui décrire la façon qu’elle avait de faire plaisir à son compagnon ? Il aimait l’imaginer pénétrer son appartement, et lui s’insinuer dans le sien. Ça lui avait souvent donné des images et il aurait presque osé lui en parler. Presque.

Elle le repoussait alors contre le mur en face d’eux. Ce que trois étages peuvent être longs parfois. Ou trop courts. Elle lui tirait les cheveux en arrière, tout en posant ses lèvres humides sur le cou du jeune homme qui ne savait plus quoi faire de tout son corps tellement il brûlait d’intensité. Il aimerait la retourner gentiment pour lui rendre méchamment hommage. Il ne savait pas d’où venait cette fougue. Il l’avait abandonnée des mois, et pendant tout ce temps, il n’avait fait que penser à elle. Oh il ne voulait pas forcément la marier et lui faire de beaux enfants. Mais il espérait passer la plus belle nuit de la saison. Il espérait voir des colombes chanter sa gloire. Il se voyait déjà au réveil, un café à la main, la regarder se reposer et sourire d’avoir vaincu l’abstinence et l’abnégation. C’était à ce prix qu’il avait accepté de la revoir. Il ne serait pas le jeune puceau qu’il avait été jadis. Il fallait qu’elle prenne du plaisir. Il devait faire en sorte qu’elle jouisse de ce moment passé pour qu’il puisse enfin prendre son pied. « Donnant-donnant ».

Une fois dans le couloir de son studio, il la plaquerait contre le mur. Il essaierait d’ouvrir sa porte, sa bouche et ses yeux ne quittant pas l’objet de son désir. Il arriverait à entrer et elle le pousserait durement contre cette porte refermée, leur laissant enfin un peu d’intimité. Ils n’en avaient pas vraiment eu de la journée. Il estimait qu’ils auraient pu passer à l’acte bien plus tôt, comme aux toilettes de leur exposition. Mais c’était un endroit dégoûtant et légèrement repoussant. Pas vraiment l’endroit parfait pour leur première fois. Mais ça ne le serait pas pour lui. Il l’avait déjà fait dans un endroit atypique. Il ne savait pas si elle avait déjà expérimenté. Du coup, il avait patiemment attendu jusqu’à pouvoir l’inviter à prendre un verre et à rentrer chez lui. Puis ils s’étaient rapprochés.

Il la pousserait alors jusqu’au lit. Elle s’étirerait le plus possible, afin de bien montrer qu’elle s’y sent à l’aise. Puis elle écarterait légèrement les cuisses et lui ferait signe d’avancer. Alors seulement il déboutonnerait son chemisier et la priverait de ses vêtements en haut. Puis il ferait glisser lentement ses bas, ne lui laissant que la jupe qu’il soulèverait. Elle se mordillerait le doigt et il comprendrait qu’il lui faisait du bien. Alors il amplifierait son muscle lingual, libérant le miel de la jeune fille en même temps qu’un soupir qu’il interpréterait pour une invitation à continuer. Il pourrait bien sur tenir toute la nuit. Il s’était préparé à cette éventualité. Qu’elle soit telle qu’elle s’était décrite, ouverte et légèrement affamée elle aussi. Ce serait un régal pour les deux si leur nuit se finissait par un concerto de gémissements qui créerait surement un conflit avec le voisin du dessus. Mais il n’en avait cure. Il ferait ce qu’il voudrait tant que la jeune femme lui demandait de continuer d’une simple pression sur la tête du beau brun.

Alors seulement, lorsqu’elle aurait bien relâché la cyprine et son goût si subtil, il s’approcherait d’elle pour habiter son bas-ventre. Un léger « Aaah » suivi de souffles forts et réguliers leur indiqueraient à tous deux à quel point ils avaient bien fait de s’attendre des mois durant. Le jeu valait toujours la chandelle si l’on avait la patience de le savourer. Dans un dernier râle, il lui soufflerait surement des mots d’amour, sans savoir si ce serait une bonne idée. Plus tard il s’en voudrait mais lui assurerait qu’il n’en pensait pas un mot. La vérité serait qu’il serait tombé amoureux de ce corps qu’il prenait sauvagement contre le mur, le lit claquant contre celui-ci et grinçant légèrement.

Florimon