JDR – Les personnages que j’exècre.

Nurianieva4*souffle chaud sur le micro*

Hey… C’est Florimon. Comment allez-vous ?

*respiration qui s’intensifie…*

Vous m’avez manqué…

Ce début d’article en mode ASMR. Je kiffe. Mais je vous en parlerai une autre fois de ça…

Tout d’abord, sachez que je publie cet article dans le cadre du concours « Vis ma vie de rôliste » organisé par Infinite RPG. C’est une pub hein ? Mais le projet derrière est génial, je vous encourage à aller lire tous ces articles sur le jeu de rôle. Maintenant que c’est dit, passons au sujet.

« Vis ma vie de rôliste ». Elle en a des bonnes la cheftaine. En gros, la création de personnages dans un jeu de rôle, écrit parce que c’est ma seule « expertise ». Je préviens, je ne serai pas objectif.
Je pouvais parler de tout, des bonnes femmes que je crée et qui m’exaspèrent par leur gentillesse, de ces connards prétentieux qui me ressemblent beaucoup trop, avec leur petit cœur qui est mis en charpie. Par qui ? Ah voilà une bonne question. Passez moi l’expression, mais par des salopes sans fierté qui piétinent celle de votre talentueux rôliste ici présent. Pourquoi est-ce que je parle au pluriel ? Mais parce que j’ai croisé ce genre de personnages des centaines de fois. Plus de dix ans de Forum RP m’ont amené à lire et relire les même personnages, masculins et féminins, qui ont créé un genre à part entière. C’est simple, c’en est devenu tellement habituel que j’ai commencé à créé mes personnages exactement à l’opposé, histoire de donner le change.

Des personnages clichés ? Même pas.

Juste des auteurs avec un besoin un peu malsain de créer des jeunes filles et des jeunes hommes avec une vie bien merdique, histoire de relativiser la leur. Je crois avoir dit que je ne serais pas objectif.
C’en est devenu banal, je peux vous recréer 90% personnages que j’ai détesté de tête.

Beau brun, belle blonde. Il ne se trouve pas spécialement attirant, mais elle sait qu’elle peut plaire. Il l’a déjà fait. Elle est intelligente. Il est bien plus talentueux que son frère ou sa sœur. Ah ! Sa fratrie. Parlons-en. Ou plutôt commençons plus haut. Il y a eu un drame très tôt dans son enfance. Mère décédée, père autoritaire. Il la violait chaque premier dimanche du mois. Ça l’a façonné, cette façon que son père avait de le battre, lui, le plus fragile de ses fils. Alors elle s’est créé un cocon. Une façon de se défendre contre les assauts mentaux et physiques de son paternel. Et bon dieu ça a marché. Elle a rejoint l’élite de son lycée. Mieux, il a créé l’idée même de la hype. Plus en avance que Marty et Barry réunis. Elle a brisé sans aucune retenue le petit cœur de plein de beaux mâle sportifs. Il a défleuré plus de pom-pom girl qu’un régiment de soldats revenant d’Irak. C’est simple, elle est la meilleure dans tout ce qu’elle entreprend. Mais son traumatisme l’a laissé brisé. Alors elle est cruelle. Purement et simplement. Il écrase des rêves d’amis qui tenaient à lui. Elle s’immisce volontairement dans les affaires qui ne la regardent pas et prend un malin plaisir à faire souffrir. Faut le comprendre le pauvre, cette histoire d’inceste avec sa mère, c’est quand même pas rien. Mais elle hésitera pas dès son arrivée dans cette nouvelle école à décrire à quel point son père l’empoignait sauvagement par les cheveux pour jouir profondément en elle. Non, il ne donnera pas autant de détails. Mais elle y fera assez allusion pour que ses nouvelles amies, toutes avec un problème similaire, finissent quand même par trouver qu’elle en fait trop. C’est à dire qu’à part son meilleur ami, avec qui ils ont fait les quatre-cent deux coups, il n’apprécie pas grand monde. Elle les déteste tous même, ce sont seulement des objets. Il n’en oublie pas bien sur qu’il en est là grâce à son adolescence torturée, aux morts de ses proches qui l’ont permis de devenir plus fort. En vérité, elle le remercie son père, elle est le résultat de la cruauté du monde. Alors il jure de briser ce cercle vicieux, et il commence par blesser et utiliser quiconque passe sur son chemin…

Comment ça j’exagère ? Tu n’oserais pas me dire que tu n’as pas croisé sur ce personnage sur CHAQUE forum sur lequel tu t’es inscrit ? Les exceptions confirment toujours la règle. Et celle-ci est la suivante : fais de ton personnage un concentré de perfection, d’histoires tristes et de rancœur. Plus il sera élitiste et plus ce sera agréable de le voir décrire avec cynisme son environnement.

Et bah ça, c’est la raison pour laquelle je fais des pauses de plusieurs mois voire années parfois entre deux périodes de Rôle Play. Parce que cette connerie remplie de non-sens, à fantasmer une vie dont tu ne sais rien, à imaginer le pire pour ton personnage, parce que « c’est super intéressant de voir comment elle va se reconstruire, c’est vraiment génial ce qu’on peut faire par écrit, j’adore raconter que des filles se font violer, ça donne trop envie de vivre après d’imaginer que ça peut nous arriver à nous les filles. Vous trouvez pas ? » Et bien non, petite sotte, ça ne me fait pas bander que de t’imaginer derrière ton écran (et oui, juste pour info, tout le monde sait que tu n’es pas Candice Accola, sorry) en train de te faire violer par ton frère. Et non, je ne prends aucun plaisir à lire comment tu humilies ton ancienne meilleure amie, et oui, tes scènes à la limite du porn lesbien avec une autre clone de toi pourraient être cool, sauf que non, le fait de se mordre et de laisser des traces sur la poitrine de ta copine ne me donne pas vraiment de frissons. Je peux comprendre que toi, tu prennes ton pied. En fait, j’ai envie de dire, tu fais bien ce que tu veux. Par contre, ton perso chiant que la moitié des personnes sur le forum possède également, et bien il m’ennuie. Pour tout te dire, je chie dans le cou de tes clichés. Mais je vais vous expliquer pourquoi je trouve aberrant ces personnages. Dans la vie (la vraie, la pure, la dure, la tatouée), connaissez-vous beaucoup de filles traumatisée ? Bien sur on en a presque tous connue une. D’autres d’avantages, mais pas mal exagéraient les faits. Et c’est triste pour ces filles qui ont vécu des malheurs. Je pense pas que ces jeunes femmes aimeraient que tu aies vécu la même chose qu’elles. De plus, c’est pas hyper joyeux de lire ta merde. En fait je viens pas jouer pour me rappeler que y’a des drames dans la vie. A longueur de temps. Non je viens pour m’évader, pour créer mon univers. Et dans celui-ci, y’a pas des dizaines de jeunes filles vivant au même endroit et qui ont eu une enfance et une adolescence triste.

Pour compenser tout ça, tous mes personnages ont eu la vie que j’ai eue moi, heureuse et pleine de bons souvenirs. Est-ce que ça en fait des personnages chiants et inintéressants ? A vous de me le dire…

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Twenty-four

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6 mai. Un article pour ce jour chaque année. Essayons de nous respecter un petit peu. La régularité est une chose qui manque à tous les amateurs. C’est pas faute d’essayer, mais c’est plus fort que moi. J’ai besoin de me changer les idées, de reposer ma tête et de faire n’importe quoi.

24 ans. On peut pas dire que j’ai rien foutu non plus. Je savais pas quoi faire de ma vie six ans avant ce jour. J’ai fait des études, découvert des matières, des métiers, des milieux géniaux. Plus encore, j’ai vécu des années de folie, loin de ma campagne et de mon adolescence. Et bordel ça a été dur. Les gens sont froids, terriblement distants. Et je suis le parfait exemple de ces connards déshumanisés. J’ai blessé pas mal de gens. J’ai toujours demandé pardon. J’espère que je l’aurai un jour. Terrible cette idée de blesser les gens qu’on aime. L’Enfer est pavé de bonnes intentions. Le pire dans tout ça, c’est que ces gens avancent. Et moi, je stagne.

Foutue mémoire, caboche pourrie par les souvenirs d’une autre époque. J’ai assez d’images de ces cinq ans pour repeindre un mur de photographies des plus heureuses aux plus tristes. J’en viens à me demander si je me force pas tout seul à tout garder en mémoire. Des sentiments, des émotions. J’ai deux trois cœurs brisés à revendre et pourtant je les braderais tous pour redevenir heureux avec une de ces personnes blessées. Qu’est-ce qu’on ferait par amour ? Tout et n’importe quoi. C’en est écœurant de vérité. On a beau le critiquer chez les autres, le naturel revient au galop. Et pourtant, à force, on sait. Revenir avec un amour oublié est une connerie. Tout est fini, pour plein de raisons. Et je sais que c’est débile. Mais l’imaginer, quel plaisir !

Mais il faut avancer dans la vie. Alors tu te forces. Tu souhaites le meilleur à l’autre personne, et tu te bouges. Tu sors dans la rue, tu vas te prendre un moka Grande à la sirène verte du coin et tu espères tomber sur l’une de ces personnes qu’on ne rencontre que dans un bon film avec Hugh Grant. Et tu croises les doigts pour pas tout faire foirer encore. Parce que, au fond de toi, tu sais être une belle personne, que tu sais donner de l’amour, de l’attention. Que tu as des amis qui t’apprécient et des personnes qui t’ont aimé. Alors tu te réveilles le matin avec une vague amertume et tu prends la première bouffée d’air frais comme la porte ouverte vers l’avenir.

Presque 6 ans maintenant sur Paris. J’ai aimé à ne plus savoir quoi faire de mon cœur et je continuerai tant que je le pourrai. C’est ce genre d’articles qui rend les yeux humides à celui qui l’écrit. Mais bon, ça fait du bien de lâcher un peu de bons sentiments, surtout vu le nombre de fois où l’on m’a reproché de ne pas le faire. Alors soyons sentimentaux, allons-y.

J’ai détesté et j’ai adoré mes études. J’ai l’impression d’avoir été volé et pourtant j’ai payé des trucs inestimables. J’y ai gagné l’amitié et, j’espère, le respect d’autrui. J’y ai créé des choses dont je suis fier, j’ai été remarqué pour de multiples raisons, des bonnes et surtout des mauvaises. Est-ce que je regrette quoi que ce soit ? Non. Pourquoi regretter ce qui t’a construit ? J’ai soutenu comme je pouvais mes amis et j’ai aidé au mieux qui je pouvais avec les maigres capacités que je possédais. Je me suis reposé sur mes lauriers et ça a rarement payé. Mais j’y ai aussi gagné des valeurs, et quelque part, j’ai apprécié me faire écraser. Un tel égo a besoin de temps en temps de s’en prendre plein la gueule.

J’ai écrit pour quelqu’un d’autres que moi même, j’ai appris à mettre des mots sur des sentiments, et j’ai transmis ce que je ressentais à tous ceux que je pouvais. J’ai continué d’être cru, vulgaire et honnête. Ça n’a que rarement payé. Peut-être que ça, je le regrette. Mais Florimon sans son franc-parler, ce ne serait qu’une copie low-cost édulcorée, sûrement vegan, avec des principes de merde et une coupe hipster. Peut-être même qu’il aurait de la barbe.

J’ai travaillé, j’ai même gagné de l’argent pour ce que je faisais. J’y ai gagné de la reconnaissance et j’ai même été inscrit dans des crédits. Qui peut se vanter d’avoir travaillé sur un long-métrage de science-fiction ? Aussi, j’ai pas été major de promo. On a que ce qu’on mérite. Est-ce que je regrette mes choix et mes résultats. Bien sur. J’aurais voulu rendre fier d’avantage de personnes.

Et surtout j’ai aimé et j’ai tout autant pleuré. Pas autant non. Mais pas mal. Pareil, je ne regrette rien. Chaque coup de cœur, chaque « je t’aime » lâché à une oreille n’était pas un faux. Je me suis assez excusé pour avoir fait telle ou telle connerie. Je ne dois rien à personne. Ou si, quelque chose. Du respect envers moi-même. Je ne me reproche pas plus que d’avoir été humain, d’avoir trop aimé et d’avoir gâché des histoires, des amitiés. J’en ai bousillées de celles-ci. Mais je pardonne toujours, encore cette affaire de mémoire. Je n’en veux à personne. Chacun voit midi à sa porte. Dans cette époque où des gens préfèrent coucher qu’aimer, chacun voit son bonheur où il désire le trouver. Et je souhaite tout le bonheur possible à tous les gens que j’apprécie et que j’ai fréquentées. Et tant pis si je suis le seul à penser à cette époque où on était heureux. Tant qu’on l’était vraiment.

24 ans et je remercie toutes ces personnes qui m’apprécient et qui pensent à moi, où qu’il soient. Ils doivent savoir que de mon côté, je ne les oublie jamais.

Don’t worry, be happy. Florimon

L’attente

Cette attente, où tu te résignes à ne plus avoir de nouvelles.
Ce plaisir, sans égal, qui te prend d’assaut lorsque tu apprends que tu la verras.
Et ce moment d’excitation qui précède le rendez-vous.
Et son arrivée…
Je vis pour ces moments exquis.

Le ressentiment

J’ai toujours été engagé à tout dire, tout ressentir.
« Je ne comprends pas cette époque. » Une phrase que l’on entend tous les jours, pour n’importe quel sujet.
C’est une vérité de tous les jours. Aucune compréhension n’est possible, ce serait se mentir que de croire que des binoclards en costard cravate sur des plateaux TV comprennent quoi que ce soit à cette époque en plein mouvement. Les rapports sociaux n’ont jamais été aussi complexes, et tendent à le devenir bien plus encore. Les comportements évoluent, les gens changent, le monde change.

Ce que tu croyais acquis dans des bouquins de socio pendant ton bac n’est qu’un ramassis de conneries. Ce que tes parents t’ont appris, ce que tu as lu et compris, dans la fiction, dans tes romans, à la TV. Tout ça, tu peux gentiment te le ranger dans un endroit bien sombre, il y a peu de chances que ça te soit un jour utile. Et on aura beau tout faire pour donner à nos enfants ce qu’on pense être la meilleure éducation, on se rendra bien vite compte que la meilleure, c’est celle de la vie. C’est celle qui t’écrase plus bas que terre et qui t’apprend dans la douleur. C’est celle qui te fait chialer et crier à l’injustice, qui te fait trembler de terreur à l’idée d’être seul(e).

Est-ce que pourtant tu voudras retenir cette partie de la leçon ? Celle qui te fait comprendre que tu seras pas toujours heureux(se) ? Non tu ne voudras pas apprendre de tes erreurs, parce que ça veut dire abandonner devant la vie. Ça te ferait avouer que tu peux être triste, que la vie a prévu des moments où tu le serais. Et tu ne peux pas croire que tu sois né dans ce destin. Non tu veux continuer à croire. En l’amour, en l’amitié, en un avenir meilleur. Tu veux croire que les plus belles années sont devant toi, que c’est un cycle vertueux et que tu seras toujours plus heureux.
Tu te voiles la face, tu le sais ça ?

Non cette époque te pousse à haïr ton prochain, à détester les gens et à te renfermer sur toi-même. Parce que notre société a inventé des moyens de te confiner chez toi et te faire croire que tu ne l’es pas. Notre époque est pleine de fausses vérités. Et quand tu lis que les gens veulent être heureux, qu’ils ont besoin d’être entourés, qu’ils se sentiront rassurés, tu peux jeter ce torchon et commencer par expérimenter la vie. Tu découvriras que tu peux tout offrir à quelqu’un, qu’elle ne t’acceptera pas pour ce que tu es. Elle prendra ce qu’elle veut chez toi, et peut-être essaiera-t-elle de ne pas trop te blesser en te jetant après. La déception fera de toi quelqu’un d’amère. N’abandonne pas. Notre monde est plein d’histoires tristes. Mais dis toi que certains ne le sont pas. Certains se lèvent en compagnie de celui ou celle qu’ils aiment. Et certains sourient à la vie. Toi non, pas tout de suite. Toi tu es stupidement blessé parce que tu as eu l’audace et la connerie de croire que tu pouvais être heureux quand tu le décidais. Mais cela viendra. Tu ne t’y attendras pas, et quelqu’un décidera un jour de te rendre ce que tu veux lui donner. Au centuple. Et cette personne saisira tout ce qui fait ta personne. Et contrairement à tous les autres, elle saura que si elle te blesse elle perd quelqu’un de grand. Car tu seras toujours le gagnant. Dans les larmes, dans ton grand lit froid, tu seras toujours celui qui n’a pas perdu. Tu ne t’en apercevras pas, tu ne voudras pas y croire, mais tu auras gagné.

Alors pleure. Car t’as décidé d’écouter ton cœur et pas ton entre-jambe. Parce que t’as été quelqu’un de vrai qui a donné sans compter.
Ne t’excuse pas. Tu n’as rien à te reprocher. Tu as gagné.

L’engagement

Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit.

D’abord parce que j’avais rien à dire de concret, et je rabâchais pas mal les même trucs tristes. Être heureux ne me fait pas plus écrire cela dit, mais le fait est que j’étais chiant.
Ensuite je n’écrivais pas car je n’en avais pas l’envie, ni le besoin. Et puis je suis allé mieux, j’ai rouvert les yeux, et puis fatalement, je les ai posés sur quelqu’un. Et là y’a une question qui peut se poser. Je ne l’ai jamais fait moi, mais certains, certaines, le font. »Suis-je prêt ? »
« Ça fait un moment que je suis célibataire, est-ce que j’ai envie de m’engager ? La vie est belle, les oiseaux chantent, vais-je me coltiner une moitié ? Une moitié de plus, de trop ? »
« J’ai été en couple pendant des années, j’avais tout avec l’autre, tout fait, dit, donné. Veux-je vraiment tout recommencer ? Y a-t-il seulement une raison qui me pousse à m’engager plutôt qu’à simplement me taper des filles ou des mecs à la suite jusqu’à ce que, un jour, j’en aie marre, et là, je m’engagerai. Car je serai prêt(e). »

L’engagement, ce petit bout de papier sur lequel certains ont l’impression de signer du cachet sanglant de leur vie.

Qu’est-ce que c’est au final que de commencer une relation ? Signer un contrat de mariage, avec les différentes conditions sine qua non ? Est-ce que c’est se promettre fidélité et respect de l’autre, de sa vie passée et intime, « alors que bon, tu sortais quand même avec un sacré connard ? »  Est-ce que le mot galvaudé « engagement » ne serait pas un terme si ancien qu’il désignait un mariage forcé entre une jeune femme et un vieux briscard trois siècles auparavant ?

Si on devait le remettre au goût du jour, je dirais que l’engagement, c’est le fait de croire en quelque chose. Pas d’espérer, pas de vouloir (encore que…) mais de croire. De se dire, « je tente le coup, pourquoi pas ?! » Après tout, pourquoi se contenter de rien ?
Je suis de ceux qui ne veulent pas s’engager, car je suis de ceux qui s’engagent. Dès le premier baiser. Et comme une promesse à l’autre, je m’engage à croire en ce quelque chose entre nous.
S’engager, ce n’est ni plus ni moins que d’avoir les couilles de croire pour deux. De tenter le diable et de se sacrifier quand il le faudra. Car si les deux ne font pas l’effort de croire, tu peux être sur que l’engagé dégagera.

C’est un cercle sans fin où je suis enterré.
Je m’engagerai toujours. Je ferai toujours les choses sérieusement. Parce que je veux être heureux, parce que je veux y croire dans ce bonheur que je ressens à l’instant T avec cette personne. Parce que j’aimerais que ça dure. Et tout ceux qui font cet engagement savent. Tu fais tout pour marquer la personne, car tu sais que tu vas la perdre. Tu sais déjà qu’il y a un putain de compteur au dessus de sa tête, avec une putain d’aiguille qui tourne jusqu’à l’heure fatidique où elle en aura marre de toi, où elle voudra autre chose, voire pire, où elle voudra s’engager.

Manque

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« Couvrez ce sein que je ne saurais voir ! »

Ou que l’on m’assassine, pourvu que je ne voie plus ce corps et ce visage qui me tue et m’emplie de joie à la voir sourire. Que je sois damné s’il m’est arrivé de la désirer, mais encore ce soir, à l’heure où les bougies s’éteignent à leur tour, dans le fracas des rails et du métal, j’ai envie de la serrer contre moi.
Suis-je à ce point sôt que je la revoie et l’accompagne tandis que mon coeur s’effrite ?

Mes pleurs irriguent les fossés de mon visage creusés par les sourires qui me viennent à l’entendre.
Son parfum me manquait tant. Ah ! Y a-t-il eu un jour plus belle fragrance que cette douceur qui la suit, qui m’ensevelit dans cette tourmente ? J’y plonge volontier, fermant les yeux quelques secondes pour savourer cet instant de salvation.

Quelle cruauté que je m’inflige ! Pourtant je mourrais d’effacer ce souvenir. Elle est si… et si…
Ah ! Je me tais. J’en ai trop dit.

La théorie du Parking

La théorie du Parking est une idée qui traverse la tête de tous les Hommes depuis des années et des années. C’est à l’âge adulte qu’on remarque les effets de cette théorie.
En quelques mots, voila comment on pourrait décrire cette pensée : on cherche toujours à avoir mieux.

C’est quelque chose que j’ai remarqué à mes dix huit ans. Tout commence avec une histoire d’amour qui finit mal, et avec les conclusions qui s’imposent. Oh bien sur peut-être était-ce de ma faute, jeune insouciant que j’étais. Ou peut-être derrière ce terrible bilan se cachait une autre raison. En tout cas Elle n’en donna aucune. Mais cela faisait si peu de temps que je la fréquentais. Chagrin d’amour oui, mais surtout chagrin d’estime. Quelqu’un pourrait-il offrir plus que ce que je donnais ?

La théorie du Parking me vint alors.

Quand on arrive dans un parking, on cherche toujours la meilleure place. Celle qui nous rapprochera le plus des portes du magasin de nos rêves. Alors qu’on va prendre notre place et arrêter notre course vers le mieux, tournant depuis des heures dans ce labyrinthe de cylindrées, des phares au loin s’allument. Alors nos sens sont en éveil ! « Est-ce qu’il part ? Prépares toi à prendre sa place chéri. » Sans même estimer la qualité de la place qu’on possède ou qu’on allait prendre, on pousse tout notre argent sur la table et on décide de repartir à l’aventure. On espère que cette place tant convoitée sera libre, qu’elle nous libérera des cinquante pas de plus à faire pour atteindre les portes coulissantes du magasin.
Peut-être notre place était très bonne. Qu’importe ! Nous voulons LA place. Est-ce qu’elle se libérera ? Peut-être finalement ferons-nous un énième tour du parking pour rien. Si pour quelque chose. Pour regarder avec tristesse la place que l’on avait d’abord nous être volée par un quelconque malotru, à qui on en voudra alors qu’il est juste moins con que nous.

Ce qu’il faut retenir de la théorie du Parking, c’est qu’elle est appliquée par la plupart des Hommes, que ce soit en amour comme en affaires. Car cela ne s’applique pas qu’aux jeunes amourettes de nos dix-huit ans. Tous les jours nous entendons des collègues se plaindre de leur travail. Ils en cherchent un meilleur ! Pourtant le leur n’est pas des moins bon. Mais il leur faut mieux.
Et si les gens appliquent cette théorie, alors sachez qu’il faut à tout prix penser l’inverse. Certains se retrouveront sans place, obligés de faire tout le chemin à pied, de leur bout de place bien mal signalisé à l’autre bout du Parking. Il faut à un moment s’arrêter de chercher. Ne pas perdre espoir d’avoir un jour cette place parfaite. Simplement ne pas vous persécuter de ne pas la trouver. Une place peut être une bonne place. Pas la meilleure, mais une bonne.

Au mieux, vous essaierez de regarder toujours si une place est libre. De temps en temps, un coup d’œil avisé. Et si personne n’est dans le coin, pourquoi pas la prendre. Tout en chérissant votre ancienne place de vous avoir tant servi, pourquoi pas ne pas prendre cette meilleure place. Et évoluer de place en place pour peut-être un jour atteindre LA place. Patience est mère de sûreté…

Le seul grand saut qui existe dans la vie, c’est le fait de changer de magasin préféré. Alors un nouveau parking s’offre à vous, avec peut-être une bonne place déjà disponible. Ne cherchez pas plus loin, vous ne connaissez pas ce parking, autant saisir l’occasion quand elle vient.

Je conseille à tous de toujours faire attention à la théorie du Parking, on l’a tous appliquée un jour, et la garder dans un coin de tête ne coûte pas plus cher que le jeton de cadis que vous utiliserez dans tous les cas. Quant-à-moi, je m’en vais changer de voiture.

Florimon

Bonjour et mauvais jours.

Quel est le phénomène qui fait qu’une journée est bonne ou mauvaise ?

Est-ce le réveil tonitruant qui reste dans un coin de la tête pour la première demi-heure après avoir ouvert les yeux? Ou bien la légende du premier pied posé sur le sol ?

Je ne fais pas attention avec quelle jambe je sors du lit en premier, même s’il y a de grandes chances que ce soit toujours le gauche, puisque je dors du côté gauche. Sauf quand je suis avec une fille. Je suis toujours à droite dans ces cas là. Question d’habitude.

Je ne sais pas vraiment de quelle humeur je serai avant mon petit déjeuner. Quand il y en a un. Sinon je sais que je ne serai de toute façon pas souriant le reste de la journée. Le p’tit déj’ a quelque chose de sacré qui me permet de pouvoir sourire aux événements du quotidien. Je me souviens qu’au début de mes études je ne prenais ni café ni jus d’orange. Mes journées étaient bien plus maussades et mes nerfs bien plus fragiles.

Non je prends ce petit déjeuner presque tous les jours, et je réfléchis à ce qu’il va se passer dans la journée. J’anticipe les rencontres, me demandant bien qui je vais croiser et l’entrevue qu’on aura. Je sais déjà que je n’ai pas envie de parler à telle ou telle personne, et il se peut que je me rappelle pourquoi. Ce n’est pas une bonne idée pour rester de bonne humeur. Je me souviens aussi que je peux rencontrer une fille que j’aime bien. Je commence à stresser, mais j’essaie de me rassurer : tout se passera bien avec elle. Je peux aussi faire la rencontre d’une nouvelle fille. Et là je ferai mon possible pour paraître au meilleur de ma forme. Dans ce cas je serai forcément d’humeur joyeuse. Il y a en fait peu de raisons que je sois de mauvaise humeur.

A moins qu’au travail il y ait une Dead Line ou une réunion importante. Ces jours-ci sont généralement source de nerfs à vif et de réponses sèches. J’essaie d’être le plus sociable possible, c’est important. Mais il y a des fois où l’on ne peut s’empêcher d’envoyer paître quelqu’un car il nous est insupportable. Ces jours-ci sont sombres aussi. On s’excuse le lendemain en espérant ne pas avoir commis l’irréparable.

Il y a aussi ces jours où quand on ouvre les yeux, la première chose que l’on aperçoit par la fenêtre -je dors sans volets, c’est généralement une solution pour une bonne journée, le soleil qui traverse la pièce, qui réchauffe, c’est cette pluie torrentielle et ce ciel gris. Ce son de goutte battant la vitre et qui promet d’être mouillé en arrivant au travail. Quelque chose qui nous fait déjà regretter de s’être réveillé. En fait je ne sais pas vraiment pourquoi on essaie quand même de faire de cette journée une agréable aventure alors qu’on sait pertinemment où l’on va. Il fera moche, et le travail sera, de fait, monotone.

Cela me rappelle cette journée qui commençait par un crachat typiquement normand, mais sur la Capitale.

may six

Une journée de plus qui commence et me voilà quelque peu engourdi. J’ai veillé tard et je me lève tôt. Je regarde par la fenêtre et je ne peux m’empêcher de jurer en voyant ce qui m’attend. Au fait j’ai posé le pied gauche en premier ce jour là.

Je prends une douche pour me motiver, comme à mon habitude. Sur la table traîne le reste de la baguette d’hier, ce sera sec mais assez consistant pour accompagner mon café. Les courses ne sont pas faites, mais il me reste une clémentine, disons que ça peut passer comme petit déjeuner.

Il est déjà temps de partir. Mon point fort le matin est que j’ai besoin de peu de temps pour émerger. Je pars donc rapidement et ne perds pas de temps à ne pas savoir quoi faire dans mon petit studio. Je fais ma petite marche rapide, je prends le métro, et là, je gagne une raison de sourire. Car tout autour de moi, des mines mornes à perte de vue. Le métro parisien a ce pouvoir d’absorption de la joie. Quelque chose auquel je ne me ferai jamais. Je me force donc à prendre un large sourire et à donner à mes compagnons de voyage une raison de le faire à leur tour. C’est peut-être idiot, mais je m’y efforce depuis mon arrivée dans la métropole.

Une fois arrivé au travail, trempé, je prends mon second café du matin et salue mes compagnons. Une longue journée commence. Elle n’est ni ennuyeuse, ni particulièrement divertissante. Elle est banale. Je l’avais prévu avec ce temps. La pause du midi est une bénédiction. J’y mange bien, parfois trop. C’est que manger s’avère être très agréable, revigorant même. Savourer une bonne bouchée me procure ce moment de bonheur qui se prolonge jusqu’à la mi-après-midi. Alors seulement je reconnais que j’ai veillé trop tard et que j’aurais besoin de quelques heures de sommeil en plus. Mais on ne se refait pas, alors je me promets d’y remédier, sachant pertinemment que je ne le ferai pas, car j’aime me coucher à des heures pas possibles en faisant des choses complètement inutiles.

Je rentre tard du travail, il ne pleut plus. Retour du métro triste, du métro sinistre. J’en sors et je reçois sur ma tête une pluie me rappelant l’automne normand cher à mon enfance. Paris a décidément beaucoup de points communs avec ma ville d’origine. Je rentre vite et espère passer une bonne soirée. Je n’ai pas de travail qui m’attend et j’ai quelques épisodes de séries américaines à regarder. Je ressens bien à ce moment là que c’est une mauvaise journée. S’agit-il de choix que j’ai fait qui m’ont amené à créer ce schéma répétitif de bons et de mauvais jours, ou simplement la vie qui fait son chemin avec l’aléatoire comme principal outil ?

Ce n’est que très tard dans la soirée que je souris naturellement pour la première fois. Un message de mon ex-femme. « Je ne veux pas t’appeler de peur de déranger. Joyeux anniversaire ! »
Si je m’y attendais. Il est minuit passé, et mon quotidien si peu réjouissant m’avait complètement fait oublier les dates. Une larme monte à l’œil tandis que je la remercie d’un SMS. Est-ce que le lendemain sera une meilleure journée ? Dans le doute, je veille encore cette fois-ci, comme prévu. Quelques films, quelques articles lus, quelques jeux et nous voici à l’aube. Il pleut encore. Mais c’est mon anniversaire. Quelques messages sympathiques sur mon mur social. Serait-ce une bonne journée qui commence ? J’espère au fond de moi. Je n’ai toujours pas trouvé la recette miracle pour changer de pied au réveil.

Florimon