Chroniques d’un rôliste #1

[Forum : Reeborn.
Elisabeth est une jeune femme d’une vingtaine d’années. Elle a été kidnappée lors d’une attaque où les mystérieux ennemis capturent les potentiels futurs Héros. Six mois se sont écoulés depuis sa capture.]


Elisabeth relève la tête et ses cheveux se collent à son visage. Sa sueur coule abondamment sur ses seins et ses lèvres entre-ouvertes laissent échapper un gémissement. Ses mains agrippées fermement aux draps qui sont prêts à se déchirer tandis que le lit claque contre le mur en béton de la cellule. Un tohu-bohu incessant qui exacerbe les voisins du secteur 11. Six mois que ces bruits polluent leur sommeil chaque nuit ou presque. Les gémissements excitent les hommes et font jalouser les femmes. Six mois qu’Elisabeth entre dans cette transe où, les yeux levés vers le sommier du lit superposé, elle n’est plus elle-même.

En elle un courant chaud se propage et lui rappelle les fleuves qu’elle parcourrait plus jeune en rafting. Les caresses sur son corps ne sont que le rappel permanent du vent chaud en haut de la tour d’observation du désert du Grand Canyon. Les mouvements entre ses jambes : la course effrénée d’un cheval au galop. Elle pense à ces aventures avec sa sœur où elles courraient pendant des heures en forêt. Cette chaleur et cette fatigue lui rappellent ces moments de sport intensif. Se souvenir de tous ces moments la fait sourir. Les cheveux tirés en arrière, elle sourit béatement à sa vision.

C’est fini. Elle peut se reposer. Au creux de son épaule, elle chuchote et il lui répond en souriant. Elle se sent bien, protégée. Cela fait six mois qu’elle a quitté son niz douillet de Reeborn, mais elle ne le regrette pas. Liz n’est plus la petite fille à son papa, elle a changé. Contre son homme elle peut être qui elle veut. Elle a réussi à faire ce qu’elle avait toujours désiré. Il lui rend son amour au centuple, il l’adore, il la cajole. Elle est son soleil, il lui dit toujours. Il n’est jamais fatigué pour elle, il la comble de bonheur. Elle n’a qu’à se laisser guider, car il ne la rend que plus heureuse chaque jour. Elle ne comprend pas ses amis, ils ne l’apprécient pas trop. Ne voient-ils pas qu’elle est au paradis avec lui ?
Elle lui embrasse l’épaule. Il la serre un peu plus contre lui, il lui baise le front. Puis il descend et lui offre un long et passionné baiser. Elle l’aime tant ! Elle lui rend, il en profite pour lui mordiller sa lèvre. Le goût âcre du fer revient. Il descend et de ses mains habiles il la presse et elle apprécie. Ses bras puissants la soulève et la pose sur le dos. Il part à monts et vallées, il s’aventure en forêt inconnue, découvrir le fruit de Lilith. Il est un as. Elisabeth se raidit et ses yeux s’ouvrent à nouveau alors qu’elle gémit fébrilement. Elle est si bien, il la rend si pleine. Alors commence la danse du serpent et de la cigogne. Elle ferme les yeux d’extase…
Puis ce sont des sentiments plus forts encore qui se libèrent. Elle n’ouvre qu’un œil mais déjà elle le voit, son bel apollon, de toute sa splendeur au dessus d’elle. Ses mains sur ses seins, elle est cambrée pour être le plus apte à le recevoir. Il aime ça. Il en veut plus encore. Ses mains robustes s’agrippent à la poitrine de la belle blonde. Il les tient fermement. Elle exulte et leurs regards se croisant, elle murmure dans un souffle : Laurent…. Il retire sa main de son sein pour lui caresser le visage. Et son autre main vient la gifler. Elle se remet bien malgré elle à le regarder en silence, et satisfait, il laisse apparaître son sourire brillant et intensifie ses vas et viens de tollard. Elle reprend peu à peu du plaisir, et ses gémissements recommencent. Il lui fait tellement du bien, il lui a toujours dit. Il se redresse après l’avoir embrassé, et lui colle une droite franche du poing. Elle crache du sang, et son œil au beurre noir s’obscurcit de nouveau. Elle lâche une larme puis se remet à sourire. ..Merchi… Il se retire et elle va pour l’arrêter quand elle se sent ballotter. Son visage s’enfonce dans l’oreiller, et à genoux, Liz le sent en elle. Le fracas du lit contre le mur rythme à nouveau sa nuit.

Le soleil artificiel de leur nouvelle demeure se lève, et il quitte le lit, exténué. Elle le plaint. En marchant jusqu’au lavabo vétuste, du sang coule de ses phalanges. Elisabeth ne peut pas se lever pour le soigner, elle en pleure de tristesse. Il est sale par sa faute. Il se lave tranquillement les mains. Un garde passe devant la porte de la cellule, ses clefs font un petit cliquetis que les prisonniers affectionnent particulièrement; l’heure des repas approchent. Le soldat ouvre la grille du haut et regarde à l’intérieur de la cellule. Il salue d’un hochet de tête l’amant de la blonde. L’étalon se masse la main et se l’essuie avec une serviette. Le soldat sourit et lui tend le petit déjeuner grâce à une trappe. A l’intérieur, on lui prend et le garde referme tout, il part faire sa tournée. Le donneur de plaisir s’assoie en face du lit superposé. Il attrape un croissant et le mange goulûment, un grand sourire aux lèvres. Puis il se lève et s’avance vers blondie. Sortant du sac de nourriture une seringue au liquide jaunâtre, il fait pénétrer l’aiguille dans le bras de sa compagne. Le liquide se répand et il jette le reste dans la poubelle. Il lui chuchote tendrement à l’oreille : Repose toi bien ce soir. A demain chérie.
Et le voila qui quitte la chambre. Sur le lit, une blonde désarticulée, un pantin sale et recouvert du pêché de l’homme. Un sourire aux lèvres, elle susurre : ..Merci…

Puis la quête journalière de la blonde reprend, depuis six mois la même ritournelle. Elle quitte sa cellule après la sonnerie matinale, va aux douches, s’y assoie, attend que l’eau fasse son effet. Elle se lave, beaucoup, plusieurs fois. Puis elle prend les vêtements jaunes qui font l’apparat de son secteur, et part dans la cours. Elle marche lentement, brisée. Elle marche autour des terrains, seule.

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Relations épistolaires #7

Lettres du chevalier Dragon à sa chère Reine, 41ème jour d’été

Bonjour ma mie.
Au moment où vous lisez ces mots, vous me manquez surement plus que les jours précédents. Ces derniers jours, cela a été très difficile pour moi de me concentrer sur mes tâches, et on sait à quel point j’étais occupé.
Depuis plusieurs heures, les combats font rage. D’égo ou réels, je suis obligé de combattre mon propre sang. Mes neveux dont je vous parlais m’ont trahi. Ils ont mis à feu et à sang ma demeurre avant de pendre chacun de mes gens. Ce soir, je prie pour que vous soyiez avec moi.
Avec vous, je sais que cela irait. En attendant votre retour, je frappe épée contre épées. La sueur et les blessures s’accumulent mais je tiens bon. J’ai toujours en tête votre image qui me permet de continuer à lutter, de m’élever, d’atteindre mon sixième sens ! La fatigue pourtant me prend après ces heures d’équitation entre la capitale et mon donjon. Je m’evanouis presque sur mon encrier mais je tiens encore.
Ces six derniers jours m’ont prouvé (bien que je vous l’affirmais avant notre départ) que je tiens bien à vous et personne d’autres, pour votre sourire, votre voix, votre personnalité. J’ai souvent parlé de vous à mes proches. Ma reine, si vous le permettez, j’aimerais vous rendre heureuse. J’y pense chaque matin lorsque je me lance sur le champs de bataille. Vous, ma reine. Vos cheveux aux légers reflets, vos doigts, vos jambes,… Je rêve de vous et si ça doit être ma dernière lettre je voudrais vous crier quelque chose : ATTENDEZ-MOI !!
Je serai bientôt là, avec vous, et nous serons puissants car heureux. Ma reine, un jour je prendrai votre main.
Reposez-vous bien pendant le voyage, et pensez à nous.
Je vous embrasse de tout mon corps.
Votre dévoué serviteur, Florimon, le chevalier Dragon.

Relations épistolaires #6

Lettres du chevalier Dragon à sa chère Reine, 40ème jour d’été

Bonjour ma reine,
J’espère que vous avez bien dormi dans ce lit qui n’est point le votre. J’écris cette lettre à la lueur d’une torche et il se fait tard, j’ai peur d’abimer le papier comme hier par manque de repos.
J’espère que vous allez bien et que votre séjour se passe agréablement. Il me tarde que vous me le racontiez même dans les détails les plus superflus. En attendant ce moment, je vous raconterai comme d’habitude ma journée.
J’ai visité un grand cirque. On y amène les animaux les plus étranges. J’avais déjà vu des gros félins mais jamais de cette taille. Ils étaient beaux. Mais ce qui m’a le plus fasciné, ce sont les sauriens. Un iguane magnifique me tirait la langue, un énorme boa perdait sa peau. C’était chaud et intense, vous auriez aimé. J’ai fait quelques croquis afin que vous les voyiez à votre retour.
Le reste de la journée n’a été que repos, jusqu’a ce que je prenne le cheval et que je parte jusqu’à mon autre demeurre, au pays du cidre et du fromage. Ah! que la capitale me manque. Mon arrivée dans celle-ci signera mon retour à vos côtés ! Comme j’attends ce moment !
Je ne me souviens plus des dates de votre retour. Serait-ce ma dernière lettre ou l’avant dernière. Je m’en fiche. Ce qui m’importe est que vous me lisez toujours un sourire aux lèvres, et que vous pensiez à moi lorsque vous en avez le temps.
Je vous chérie ma mie, et vous embrasse tendrement.
Votre dévoué serviteur, Florimon, le chevalier Dragon.

Relations épistolaires #5

Lettres du chevalier Dragon à sa chère Reine, 39ème jour d’été

Bonjour ma mie,
Je viens de perdre la lettre que je viens de vous écrire. Ma fatigue se mêle à la colère, pourtant je continue d’écrire. Voyez-vous, je tiens à ces lettres autant qu’à vous montrer que je ne vous oublie pas.
C’est au moment de fermer l’enveloppe et de marquer votre adresse que l’encre a recouvert tout le papier. Je me maudits. Je me souviens à peu près de ce que j’avais écrit, mais ça n’a plus la même saveur. Je parlais de retrouvailles rêvées dans vos appartements, et d’un orgasme à deux qui nous faisait dormir des deux oreilles. Malheureusement la scène n’est plus aussi claire sans ma tête. Grand heureusement j’ai une autre image qui me revient.
Vous vous rappelez le portrait que j’ai récupéré de cet artiste qui vous avait dépeint en petite tenue ? Je l’ai contemplé tout à l’heure. Magnifique, j’avoue m’être fait plaisir sur cette peinture qu’on croirait réelle. Vos formes sont tout d’abord magnifiques. Je me vois encore vous saisir les seins pour les embrasser. Quelles merveilles. Ils ont un gout si délicieux, une douceur, une rondeur… Je les aime ma reine. Je rêve d’ailleurs d’un buste à votre effigie. Y repenser me rend plus dur que je ne le pensais, et je crains fort de devoir mettre fin à cette missive avant qu’elle ne se transforme encore en un exhibitionnisme épistolaire. Je préfère garder mes promesses physiques pour nos retrouvailles.
Je vous embrasse fort, comme j’en ai l’habitude. J’espère vous revoir bientôt, profitez de votre séjour.
Votre dévoué serviteur, Florimon, le chevalier Dragon.

Relations épistolaires #4

Lettres du chevalier Dragon à sa chère Reine, 38ème jour d’été

Jamais je n’ai ressenti un tel manque pour votre personne. Je sais que j’utilise souvent des termes élogieux, ou que vous pensez que j’exagère certaines qualités que je vous prête. Mais je jure que je suis le plus honnête gentilhomme que vous connaissez, et vous le savez au fond de vous.
Aussi, si j’affirme n’avoir jamais eu plus grand vide dans ma vie que ce jour, croyez le. Je ne suis pas de ceux qui comblent le manque par un substitut. J’affronte bravement l’ennui et la solitude, et ressors de ces épreuves plus passionné, plus déterminé. À la fin, je serai encore meilleur pour vous.
Ces jours sont tristes et le ciel le sait. La pluie tombe depuis ce matin. J’ai appris que je ne recevrai plus vos missives avant plusieurs jours. Je maudits cette situation. Y a-t-il plus cruel pour un chevalier que d’être éloigné de sa reine ? Le soleil dans toute sa vilainie voudrait-il me signifier que j’ai mérité cette pluie et cette absence ?
À ceci je réponds que je me battrai ! Votre silence n’est pas de votre ressort et je ne vous en veux point. Pire, j’imagine comme il est difficile de ne pas répondre à mes humbles lettres. Je ne saurais vous imiter. J’espère juste que vous recevez mes papiers et qu’ils sont pour vous une preuve de ma fidélité. Ils sont en tout cas pour moi un moyen d’avoir toujours contact avec vous, même à sens unique.
Pour tout dire, je réflechis encore à un moyen de vous faire venir jusqu’à moi d’ici quelques jours. Cela me donne de l’espoir de raccourcir notre séparation. Attendre le jour de mon retour à votre côté est un supplice et je fais tout pour qu’il arrive très vite.
Et comme je n’aime pas finir sur une notre négative, sachez que je pense à vous intensément. Tellement que cela me vide de mes forces plusieurs fois par jour.
J’espère que vous passez de bons moments, et vous embrasse.
Votre dévoué serviteur, Florimon, le chevalier Dragon.

Relations épistolaires #3

Lettres du chevalier Dragon à sa chère Reine, 37ème jour d’été

Le crépuscule annonce son arrivée et le bilan de cette journée est positif.
Les esprits se sont échauffés jusqu’au déjeuner, tant mes nerfs sont à vif avec les deux petits ducs. Assumer sa famille n’est point facile, et l’on comprend facilement les nombreux ermites qui préfèrent une vie de solitude à l’esclavagisme d’un plus jeune que soi. Vous n’aimeriez pas l’ambiance qui règne ici.
Fort heureusement avec vous à mes côtés nous ne passerions pas notre temps à supporter ces bruyants, et nous apprécierions les longues balades sur le bord de plage, à parler de tout et de rien, main dans la main.
Je nous vois nous arrêter, le soleil devenu orange et le ciel rose, et on s’embrasserait longuement et passionément aux dernières lueurs du jour.
Et comme je suis honnête ma reine, je m’oblige à vous raconter la suite.
J’aimerais vous asseoir alors sur le sable, face à la mer tiède. Nous regarderions longuement les petites vagues s’écraser à nos pieds, et fatalement, nous nous enlacerions.
Qu’il est bon de vous imaginer contre moi, votre souffle chaud sur mon cou. Je vous serrerais fort, par peur de vous perdre à nouveau. Je vous prendrais la tête et plongerais mes yeux dans les votre, ce bel océan gris-vert qui me fascine. Et je vous embrasserais à nouveau, faute de mots.
Je m’excuse d’avance, mais j’ai besoin de dire le fond de ma pensée, et en l’occurence, de mon fantasme.
Je glisserais doucement mes mains sur vos jolies hanches, j’aime tant les tenir. Je lécherais doucement votre cou, puis descendrais avec mon petit organe buccal sur votre poitrine. Faisant fi des convenances dans ce lieu public, je déferais lentement les ficelles de votre vêtement. Qu’il soit le plus beau du monde, aussi bien habillée que vous l’êtes, ce morceau de tissu cache la plus belle des merveilles.
J’aurais alors accès à vos seins. Si doux, si agréables à toucher, à carresser, à tourner autour du bout des doigts puis de la langue. Ha ! Si je pouvais sentir en cet instant cette peau sous mes lèvres, je serais comblé ! Mais je sais être patient. Je vous imagine bien avoir des idées par la tête, et vous mettre à me chevaucher. Mais je n’aurais pas fini avec vous. Je voudrais que ce moment soit parfait. Je vous reposerais lentement sur le sable, et glisserais vers votre bas-ventre.
Mes mains s’amuseraient toujours de vos jolis tétons mais déja ma bouche s’afférerait à défaire le noeud de lacets qui scelleraient le tissu cachant votre intimité. Alors mes lèvres exploratrices s’animeraient et voyageraient entre l’intérieur de vos cuisses si douces et votre fruit défendu,
si beau que j’en aurais les yeux émerveillés. Ma langue irait à la recherche du bouton magique et vous délivrerait de cette attente sensuelle, de cette tension sexuelle qui j’imagine vous habite depuis notre départ. Alors une de mes mains irait aider mon muscle lingual et j’irais alors visiter votre abricot, me rappelant que vous adorez ça. Et quand mes mouvements auront produit la dose de miel opportune, je déciderais de me relever, caressant vos jambes que j’écarterais et souléverais un peu, je ferais mon entrée dans la danse. Alors notre union serait parfaite.
Y penser me donne l’effet d’un coup de foudre et il faut à nouveau que je m’excuse d’avoir de telles pensées et de vous les imposer de la sorte, mais je vous aime trop ma mie, bien trop pour pouvoir le cacher.
Je vous désire bien plus chaque jour, et j’ai hâte de vous retrouver.
Votre dévoué serviteur, Florimon, le chevalier Dragon.

Relations épistolaires #2

Lettres du chevalier Dragon à sa chère Reine, 36ème jour d’été

Ce jour, il y a eu une rixe. J’en ai ras le bol de soupe de ces gourgandins qui ne font que s’amuser au dépend des autres. Dois-je vraiment supporter ce bruit qui scarifie le silence si doux à mes oreilles ?!
Je m’emporte. Pardonnez ces grognements de chevalier aigri, et embrassez -ou imaginez du moins- le servant gentilhomme que je suis.
J’espère que vous avez passé une bonne journée, et que vos activités furent pleine de réussite, aussi complexes soient-elles que l’augmentation de la valeur chromatique de votre douce peau.
Je n’oublie pas, bien sur, votre travail assidu dans le bassin aquatique, telle la sirène que vous êtes je suis sur de vous voir à votre retour plus belle que jamais.
Je dois l’avouer, vous me manquez terriblement.
Je ne doute pas que son altesse a d’autres choses en tête que les pensées romantiques de son chevalier, mais j’espère qu’elle a, parfois, en regardant par exemple une de ses magnifiques sculptures de reptiles, une petite pensée pour son Dragon protecteur.
J’ai moi-même, entre deux missions (et parfois pendant je l’avoue), de nombreuses pensées pour vous. Si vous me permettez, il faut que je me confesse.
Voyez-vous, je vous imagine parfois rentrée, et dans ma demeure nous ripaillons à votre santé. Mais les moments appétissants font place à des instants plus délicieux encore. Je vous vois rentrer dans ma chambre, votre classe resplendit et déjà plusieurs nobles ont salué votre beauté et votre allure pendant la soirée. Je suis moi-même profondément troublé, et je vous le confie à genoux tandis que vous souriez et me regardez de haut avec toute votre splendeur. N’y a-t-il eu jamais plus belle femme ? Vous vous éclipsez jusqu’au bord du lit ducal, et je vous suis, les yeux plein d’étoiles et ne lachant pas votre regard si pur. C’est là que vous me sussurez que je vous ai manquée, et il ne m’en faut pas plus pour céder à ces mois d’abstinence volontaire.
Je nous vois unis par des baisers, et notre passion l’emporte sur la raison ! Je m’imagine alors ôter vos vêtements, rapidement, sauvagement, puis vous pousser sur le lit. Je sais que vous aimez quand j’agis différemment de mon tempéremment habituel. Je vous brusque et je suis tel une bête sauvage. Alors vous souriez à pleine dent car vous savez que notre manège commence. Je ne prends pas la peine de tout retirer, vous prenant comme si c’était la dernière fois de notre vie -mais je sais que ça ne le sera pas-, et je goute vos seins pendant que vous criez au rythme soutenu de mes coups de taureau.
Et si je dois finir plus tôt que vous, alors sachez que mon corps entier est vôtre et que je n’arrêterai qu’une fois votre jouissance atteinte ! Lorsque votre coït arrive, enfin vous me reprenez dans vos bras et nos regards ne font qu’un. Et je saurai alors que j’ai bien fait d’attendre des mois votre retour, car vous êtes, ma reine, la plus parfaite des créatures de ce monde.
Le papier me manque pour vous exprimer toute ma hâte de vous rejoindre, et ma lettre de demain vous le laissera comprendre.
Votre dévoué serviteur, Florimon, le chevalier Dragon.

Relations épistolaires #1

Lettres du chevalier Dragon à sa chère Reine, 35ème jour d’été
Ma mie,
Je vous ai écrit comme promis, et je le ferai chaque jour qui me sépare de votre retour. Voici les nouvelles du plat pays. Hier, j’ai du laisser bien malgré moi mon donjon au profit de mon neveu, le Duc d’Essone. Il m’insupporte de devoir lui céder pour quelques jours, et devoir me rabaisser à laisser ma demeure à pareil énergumène me donne l’envie de partir loin tant qu’il est là. (Vous me disiez un jour que laisser une personne chez vous ne vous disait rien, imaginez mon désarroi !)
Heureusement, mon paternel m’a laissé son manoir pour la durée de son voyage, et je jouis d’une grande propriété. Vous aimeriez surement ses salles d’eau (je vous imagine déjà les visiter vêtue simplement de souliers) et son grand lit dans la chambre parentale. J’ose imaginer vous y emmener, et dans mes rêves les plus cachés, vous y défleurer, tant ma passion pour vous est grande. J’ai néanmoins peur que cette demeure soit trop modeste pour vous. Vous méritez mille drapés et bien plus encore de fleurs. Je travaille pourtant à votre venue, afin que vous sortiez de votre dure monotonie, et que vous profitiez de mon humble présence.
Ce jour, j’ai pratiqué la marche avec ma jeune sœur. Nous avons longé la côte et parlé de ce qu’elle aimait. Bien que jeune, elle commence à avoir des sujets de conversation intéressants et divertissants. Je lui confiais au détour d’un rire que je souhaitais trouver un moyen de vous extirper à votre condition dans la grande ville, pour vous ramener dans ma demeure. Je lui décrivais alors avec quel ardent désir j’attendais que l’on se retrouve vous et moi. Bien qu’amusée, elle me souhaita bon courage. Il me tarde que vous la rencontriez.
Vous me disiez dans votre dernière missive être bien arrivée. Je regrette que vous soyez si loin. Comme toujours mes pensées s’acheminent vers vous. J’ose espérer que ma lettre n’est pas trop ennuyante, et vous promets de vous écrire demain sans faute.
Votre dévoué serviteur, Florimon, le chevalier Dragon.

Mille_Mots : Appartenance

Des mois se sont écoulés. Adam est toujours flic, il fait toujours équipe avec Rick. Il traîne toujours dans des bars, toujours les même, puant et rassemblant la pire engeance de la ville. Les flics pourris et leurs sales histoires. L’affaire du gamin mort avait été vite réglée. Ils avaient payé le bonhomme du magasin, avaient pris le corps et l’avaient emmené chez Grayson & Partners, un crématorium qui travaillait essentiellement pour la police. Il savait à quoi s’attendre, les avait couvert de nombreuses fois. Adam était persuadé que l’homme à la moustache, le fils du regretté Grayson, lui, n’avait pas la conscience tranquille. Mais c’était une affaire qui lui rapportait de quoi finir largement bien ses fins de mois. Alors il fermait les yeux sur sa main qui devenait de plus en plus noire à force d’aider les pourris à faire disparaître des preuves. Et cette fois-ci encore, il avait joué leur jeu.
Ils étaient ensuite retournés sur le lieu du crime, histoire de vérifier que tous liens avec eux avait disparu. Mais il restait la fille. Sur le moment il s’en était fallu de peu qu’elle se prenne une balle du partenaire d’Adam, mais le blond s’était retenu pour filer dans la boutique vérifier ce que disait le vieux. C’était à ce moment là qu’elle avait parlé pour la première fois à Adam, lui qui avait pris un sacré paquet de stress d’un coup avec cette histoire. Son doigt, sa gâchette, son flingue, sa balle.
Elle était jolie, il n’avait donc pas envie de lui en mettre une. Mais il fallait qu’elle parte. Alors il lui avait dit de dégager, pointant son arme sur elle. Il ne l’avait pas revue avant des semaines, et après avoir cherché pendant des jours et des jours dans ce quartier, puis dans toute la ville. Elle l’obsédait. Il voulait la revoir, vérifier qu’elle allait bien. Il avait pensé que c’était avant tout pour s’assurer qu’elle ne dirait rien. Mais même Rick semblait ne pas croire à cette théorie.
Et puis un soir, elle était réapparue dans la vie de tous. Adam n’avait rien expliqué, préférant laisser chacun à ses spéculations et ne pas laisser rentrer les autres dans sa vie privée. Quelque chose qu’il s’empêchait d’habitude de faire. Plus ses collègues savaient de choses sur lui, moins on se demandait s’il allait les trahir. Et c’était vrai pour chacun d’entre eux. Certains d’ailleurs voyaient d’un mauvais œil que le flic fréquente une prostituée. Mais le grand brun se fichait comme de l’an 40 de ce qu’ils pensaient de lui. Il était fasciné par cette fille, par son attitude, son tempérament, par ses mimiques et par sa voix chevrotante qui lui donnait envie de la serrer contre lui et de la protéger contre tout le monde.
Il l’emmenait même à leurs soirées. Dans ces boîtes de nuits pour jeunes huppés qu’ils fréquentaient parfois pour se changer les idées. Elle était toujours exceptionnelle. Jeune et jolie, sexy à se damner et avec la répartie qu’il fallait pour faire comprendre à ses collègues qu’elle était prise et pas par n’importe qui.
Lors de ces nuits, il arrivait que Rick soit trop amoché pour contrôler ce qu’il disait. Avec toutes les drogues qu’il prenait, même les autres policiers commençaient à se demander s’il avait encore sa place dans l’équipe. Adam, lui, savait que non. Mais ces soirs là, Rick dépassait les bornes. Alors qu’Eve, c’était le nom de la fille, revenait des toilettes pour se remaquiller, il la regardait venir de loin et jouait du coude pour annoncer à ses collègues qu’il allait blaguer. Il demandait alors à la jeune femme de danser. Elle le regardait de haut et lui répondait d’un doigt d’honneur pour lui faire comprendre que c’était non. Mais il insistait. « Danse pour moi, allez ! » « Remues toi devant nous, montre nous comment tu fais ton travail putain !« 
D’habitude, Adam ne réagissait pas. Mais parfois, il se laissait aller à la plaisanterie. Il demandait alors à Eve : « Et pour moi ? » Un doute passait furtivement dans les yeux de la jeune femme. Mais elle n’hésitait pas longtemps. Elle mettait toujours ses mains sur les hanches et répondait : « Faudra me payer ! » Alors Adam sortait de sa poche un gros billet et lui mettait dans le décolleté. Il prenait alors un large sourire et lui disait « Maintenant danse. » Alors elle se mettait à danser. Pour elle, ce n’était pas faire son job de prostituée. Non. C’était juste un rappel d’Adam pour elle. Elle lui appartenait, il lui avait dit. Elle bougeait alors de tout son corps, son ventre nu ondulant tandis que les autres gars se rinçaient l’œil. Mais elle n’en fixait qu’un seul. Leurs regards étaient comme mélangés et ils savaient ce que pensait l’autre. Il n’aurait pas osé détourner le regard, encore moins en voir une autre. Si elle était sienne, c’était seulement car il était sien. Elle le possédait et il n’était plus le flic libre et sans scrupules. Il appartenait à cette femme sortie de nulle part. Alors elle se permettait de danser pour lui, car elle savait l’effet que ça lui faisait à lui. Elle savait qu’avant minuit il la plaquerait contre un mur et la prendrait sauvagement, que leurs langues se mêleraient et qu’ils jouiraient plusieurs fois avant le matin.
C’était le couple qu’ils avaient créé, après cette rencontre dans cette petite rue. Ils étaient tombés amoureux, aussi impossible que cela ait pu être. Et malgré les jalousies et les emmerdes de flic et de pute qu’ils avaient tous les deux, ils ne semblaient pas vouloir se quitter plus d’une minute.

Mille_Mots : Échapée

La colère. Qui monte jusqu’à ce que la personne change radicalement. La crise qui évolue telle un raz de marée, emportant tout sur son passage. Elle découle d’un petit événement, parfois plus grand. Mais elle est là. Les autres regardent cette vague qui devient progressivement gigantesque, et ils ne savent pas s’ils doivent ou non faire quelque chose pour la ralentir. Est-ce seulement possible ? Ils n’essaieront de toute façon pas. Ils sont trop effrayés. Adam ne l’est pas lui. Il a vu trop de choses.
Il est flic vous savez. Simple flic, dans la mobile de Los Angeles. C’est pas un super-flic, juste un flic qui fait son job. Quand il rentre chez lui, personne ne dit de lui que c’est un héros. Mais la ville le paye pour qu’il fasse semblant de l’être. Alors il se lève tous les jours pour accomplir sa besogne. Et parfois, elle est bien sale. Genre dégueulasse. Le genre de travail que tu répugnerais à faire. Mais qui doit être fait. Adam est de ces gens qui ne rechignent pas devant une tâche difficile ou dévalorisante. Par éducation peut-être. Ou alors car il est profondément amoral.
Qui pourrait lui en vouloir ? Treize ans qu’il est rentré dans la police californienne. Il a vu des actes héroïques, peu, mais il y en a eu. Et puis il a vu beaucoup de merdes. Le genre de trucs que tu racontes à personne, sauf peut-être au bar du coin où vont tous ses collègues. Enfin « tous ». Les moins fragiles. Parce qu’il en faut de la hargne pour garder les yeux ouverts dans ce monde de la nuit. Adam est comme un poisson dans l’eau entouré de ces requins. Et ils forment une famille dont personne ne voudrait avoir le moindre lien avec. Ils sont ce qui se fait de pire dans la ville des anges, mais ils sont un maillon de la chaîne qu’on ne peut pas retirer. Le cancer de la gangrène. Et ça, Adam en a conscience depuis qu’il l’a rencontrée.
Il y a des soirs où les patrouilles sont monotones, on y trouve rien d’intéressant et il ne s’y passe pas grand chose. C’était ce genre de soirée que passait Adam et son collègue, Rick. Ils avaient remonté Vestlake Avenue, en direction de la 3ème, et s’étaient arrêtés au MacBeth, manger un bout et occuper le temps qui restait, plusieurs heures à vrai dire.
Adam et Rick ne parlaient plus depuis un bon moment. Pas ce soir là, mais tous les soirs de l’année. Ça faisait des années qu’ils faisaient équipe, mais ils ne se faisaient plus confiance. Pour être précis, ils ne restaient coéquipiers que par peur de l’autre. Ils avaient vu trop de choses, ils avaient une crainte significative de ce que l’autre pourrait dire à certaines personnes. Alors comme un cercle fermé et éternel, ils restaient frères d’armes, faute de mieux. Ce soir là, même le café avait un goût à tout recracher. C’était d’ailleurs ce que s’apprêtait à faire Adam, lorsque la radio sortit ses sons caractéristiques qui firent poser leurs donuts aux deux policiers. Une minute plus tard et ils répondaient à l’appel du central. On avait besoin d’eux vers le Beverly Boulevard. Un vol qui tournait mal dans un petit market. Ils étaient pas loin, ils partirent au quart de tour. Ils ne mettaient jamais le gyrophare. On ne savait pas quand ça pouvait déraper. Pas avec leur petit groupe de flic à la morale douteuse.
On pouvait s’y attendre, il s’agissait d’un gamin. A peine 20 ans et déjà sur d’être un bonhomme qui roule sa bille et qui fait sa vie. Adam en avait rencontré des tonnes durant sa carrière. Il savait comment les dresser. Celui la ne ferait pas exception. Ils rentrèrent dans la boutique. Le gosse les pointa aussitôt avec un glock-18. On se demandait bien pourquoi les USA continuaient de vendre des armes à d’autres pays quand ce flingue faisait autant de ravages à l’intérieur des terres. Autant revendre ceux-là. A moins que l’Amérique propose elle-même à ses concitoyens cette arme. Rick essaya de calmer les choses, Adam était pas vraiment d’humeur. Son collègue tentait de lui dire que tout allait bien se passer, tout en passant une main dans son dos pour sortir son arme. Le grand brun qu’était Adam avait encore moins de principes. Il regarda derrière lui et vit qu’il n’y avait personne devant le magasin. Il se retourna et tira sur le gosse. Une balle dans l’épaule, de sorte qu’il ne puisse plus rien faire avec son flingue. A terre, Adam préféra être sur et assomma le gamin d’un coup de talon. Le gérant de la boutique les remerciait qu’il n’avait pas encore essuyé sa chaussure tâchée de rouge. le marchand appela lui-même les urgences, ne préférant pas porter plainte. Adam le trouva débile mais ne préféra pas le dire. Il ne voulait même pas embarquer le blessé. Ça ne servait à rien de coffrer un gosse 24 heures, ils recommençaient toujours. Alors il fit ce qu’il faisait toujours. Il chargea un paquet de bières comme récompenses et salua le proprio d’un vague signe de main avant de sortir et de se poser sur un banc avec Rick. Et ils burent à la connerie des enfants de nos jours. Ils étaient bien différents selon lui à son époque.
Et c’est là qu’elle passa devant lui. L’air d’abord ailleurs. Elle était habillée comme une putain qui vient de faire son affaire. Plutôt jolie en fait, si l’on oubliait l’œil au beurre noir et le maquillage qui avait coulé. Adam se foutait bien quelle en était la raison, sa mère avait exercé et elle revenait elle aussi avec ce genre de masque. Elle devait alors le nettoyer pendant de longues minutes, et il était alors l’heure de lever Adam et son frère pour les amener à l’école. Il ne pensait pas s’en rappeler aussi bien.
Rick lui manqua de respect, il se prit une gifle de l’intéressée. Alors que celui-ci se levait pour calmer les ardeurs de la blonde, le boutiquier sortit de son Market, affolé.

« Il est mort… vous l’avez tué !«